‹ ŒuvresChapitre 374 sur 599 · OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE · texte numérisé non relu

OCTAVE, SCAPIN, SILVESTRE

SCÀPIN.

Qu'est-ce, seigneur Octave? Qu'avez- vous? Qu'y a-f-ii ? Quel désordre est-ce là? Je vous vois tout troublé.

OCTAVB.

Ah I mon pauvre Scapin, je suis perdu ; je suis désespéré ; je suis le plus infortuné de tous les hommes.

SGAPUf.

Comment?

OGTAVB.

N'as- tu rien appris de ce qui me regarde?

SGAI»IN.

Non.

OCTAVE

Mon père arrive avec le seigneur Géronte, et ils me veu« lent marier.

Eh bien! qu'y a-t-il là de si funeste?

OCTAVE

Hélas I tu ne sais pas la cause de mon inquiétude.

Non; mais il ne tiendra qu'à vous que je la sache bientôt ; et je suis homme eonsolatif» homme à m'intéresser aux affaires des jeunes gens.

OCTAVE

Ah! Scapin, si tu pouvais trouver quelque invention, forger quelque machine, pour me tirer de la peine où je suis, '^ croirais t'ètre redevable de plus que de la vie.

A TOUS dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m'en veux mêler. J'ai sans doute reçu du ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies ; et je puis dire, sans vanité, qu'on n'a guère vu d'homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d'intrigues, qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier. Mais, ma foi, le mérite est trop maltraité aujourd'hui; et j'ai renoncé à toutes choses depuis certain chagrin d'une affaire qui m'arriva.

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