ACTE n, SCÈNE V
LÉANDRE
Oui, coquin ; et ta conscience ne te dit que irop ce que
c'est.
8CAPIN.
Je TOUS assure que je l'ignore.
LÉANDRB, s*aTanç«Bt pouf frapper Scapin.
Tu l'ignores!
OCTATE, retenant Léandre.
Léandre I
SGAPm.
Eh bien I Monsieur, puisque vous le voulez, Je tous confesse que j'ai bu avec mes amis ce petit quartaut de vin d'Espagae dont on vous fit présent il y a quelques Jours, et que c'est moi qui fis une fente au tonneau, et répandis de l'eau autour, pour faire croire que le vin s'était échappé.
LÉANDRE
C'est toi, pendard, qui m'as bu mon tIu d'Espagne, et qui as été cause que j'ai tant querellé la ^rvante, croyant que c'était elle qui m'avait fait le tour.'
SGAPIN.
Oui, Monsieur. Je vous en demande pardon.
LÉANDRE
Je suis bien aise d'apprendre cela. Mais ce n'est pas l'affaire dont il est question maintenant.
Ce n'est pas cela, Monsieur?
LÉANDRE
Non : c'est une autre affaire qui me touche bien plus, et je veux que tu me la dises.
Monsieur, je ne me souviens pas d'avoir fait autre chose.
LÉANDRE, voulant frapper Scapin.
Tu ne veux pas parler?
SCAPOf.
Hé!
OCTAVE, retenant Léandre.
Tout doux!
Oui, Monsieur; il est vrai qu'il y a trois semaines que vous m'envoyâtes porter, le soir, une petite montre à la jeune Égyptienne que vous aimez. Je revins au logis, mes habits tout couverts de boue et le visage plein de sang, et vous dis que j'avais trouvé des voleurs qui m'avaient bien battu, et m'avaient dérobé la montre. C'était moi, Monsieur, qui l'avais retenue.
LÉANDRE
C'est toi qui as retenu ma montre?
Oui, Monsieur, afin de voir quelle heure il est.
LÉANnRB.
Ah I ah ! J'apprends ici de jolies choses, et j'ai un serviteur fort fidèle, vraiment! Mais ce n'est pas cela encore que je demande.