‹ ŒuvresChapitre 401 sur 599 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ARGANTE, SCAPIN, SILVESTRE, déguisé en spadassin. SILYESTRE.

Scapin, faites-moi connaître un peu cet Argante, qui est père d'Octave.

I Pourquoi, konsieur?

I SILTESTftE.

I Je Tiens d'apprendre qu'il Teut me mettre en procès, et faire rompre par justice le mariage de ma sœur.

Je ne sais pas s'il a cette pensée ; mais il ne Teut point consentir aux deux cents pistoles que tous Toulez; et il dit que c'est trop.

SILTESTRE.

Par la mort ! par la tête ! par le Tentre ! si je le trouTe, je le Teux échiner, dussé-je être roué tout TÎf. ( Argante, poor n'être point va, se tient en tiemblant derrière ' Scapin.)

Monsieur, ce père d'Oct^Te a du cœur, et peut-être ne tous craindra-t-il point.

SILTESTRE.

Lui , lui ? Par le sang ! par la tête ! s'il était là, je lui donnerais tout à l'heure de l'épée dans le Tentre. (Apercevant Argante.) Qui est cet homme-là .'

462 LES FOUBBEBIES DE SGAPIN.

8CAPIN.

Ce n'est pas lui, Monsieur ; ce n'est pas luL

SILTESTRE.

N'est-ce point quelqu'un de ses amis?

Non, Monsieur ; au contraire, c'est son ennemi capital.

SILYESTRE.

Son ennemi capital?

Oui.

SILTESTRE.

Ah ! parbleu, j'en suis ravi, (a Argante.) Vous êtes ennemi, Monsieur/ de ce faquin d'Argante? Hé?

Oui, oui ; je tous en réponds.

SILTESTRE , seMoant rad«ment la main d'Argante.

Touchez là, touchez. Je tous donne ma parole et tous jure sur mon honneur, par Tépée que je porte, par tous les serments que je saurais £aire, qu'aTant la fin du jour je tous déferai de ce maraud fieffé, de ce faquin d*Argante. Reposez-vous sur moi.

Monsieur ,lesTiolences en ce pays-ci ne sont guère souffertes.

SILTESTRE.

Je me moque de tout, et je n'ai rien à perdre.

11 se tiendra sur ses gardes, assurément ; et il a des parents, des amis et des domestiques, dont il se fera un secours contre Totre ressentiment.

SILTESTRE.

C'est ce que je demande, morbleu ! c'est ce que je demande. (Mettant l'épée à la main.) Ah, tète ! ah, Tcntre I Que ne le trott- Té-je à cette heure aTec tout son secours ! Que ne parait-il à mes yeux au milieu de trente personnes! Que ne les Tois-je fondre sur moi les armes à la maint (se mettant en garde.) Comment! marauds, TousaTCz la hardiesse de tous attaquer à moi I Allons, morbleu, tue ! ( Poossant de tous côtés, comme s'il avait plusieurs personnes à combattre.) f^oint de quartier. Donnons. Ferme. Poussons. Bon pied, bon œil. Ah, coquins! ah, canaille ! tous en Toulez par là ! je tous en ferai tâter Totre soûl. Soutenez, marauds; soutenez. Allons. A cette

botte. A Cetteautre. ( Se tournant du côté d'Argante et de Scapin.)

A celle-ci. A celle-là. Gomment, tous reculez! Pied ferme, morbleu ; pied ferme !

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