‹ ŒuvresChapitre 427 sur 599 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

L4 COMTESSE, JULIE, ANDRÉE ET CRIQUET, dans le fond du théâtre.

^4 COMTESSE

Ah! mon Dieu! Madame, vous voilà toute seule? Quelle pitié est-ce là? Toute seule! Il me semble que mes gens m'avaient dit que le vicomte était ici.

' JULIE

Il est vrai qu'il y est venu ; mais c'est assez pour lui de savoir que vous n'y étiez pas, pour l'obliger à sortir.

LA GOBITESSE.

Comment I il vous a vue?

Oui.

LA COMTESSE

Et il ne vous a rien dit?

JUUE.

Non, Madame; et il a voulu témoigner par là qu'il est tout entier à vos charmes.

LA COMTESSE

Vraiment, je le veux quereller de cette action. Quelque amour que l'on ait pour moi, j'aime que ceux qui m'aiment rendent ce qu'ils doivent au sexe; et je ne suis point de l'humeur de ces femmes injustes qui s'applaudissent des incivilités que leurs amants font aux autres belles.

JULIE

Il ne faut point. Madame, que vous soyez surprise de son procédé. L'amour que vous lui donnez éclate dans toutes ses actions, et l'empêche d'avoir des yeux que pour vous.

LA COMTESSE

Je crois être en état de pouvoir faire naître une passion assez forte, et je me trouve pour cela assez de beauté, de jeunesse et de qualité. Dieu merci ; mais cela n'empêche pas qu'avec ce que j'inspire, on ne puisse garder de l'honnêteté et delà complaisance pour les autres. (Apercevant Criquet.) Que faites- vous donc là, laquais .î> Est-ce qu'il n'y a pas une antichambre où se tenir, pour venir quand on vous appelle? Cela est étrange, qu'on ne puisse avoir en province un laquais qui sache son monde ! A qui est-ce donc que je parle ? Voulez-vous vous en aller là dehors, petit fripon?

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