PHILAMINTE, ARMANDE ET BÉLISE
Ah!
TRISSOTIN
Qu'il m'en coûte déjà la moitié de mon bien ;
Et quand tu Tois ce beau carroeae,
Où tant d'or ae relève en bone,
Qu'il étonne tout le paya, Bt fait pompenaemant triompher ma Tiaïa...
PHILAMINTE
Ah ! ma laïs ! voilà de l'érudition.
54< LES FEMMES SAYAIirrES,
BÉLI8R.
L'enveloppe est jolie, et vaut un million.
TRISSOTIN
Et quand tu rois ce beau carrosse, Où tant d'or se relère en bosse, ,
Qn'il étonne tout le pays, ^
Et fait pompeusement triompher ma Laïs^ Ne dis plus qu'U est amarante, Di« plutôt qu'il est de ma rente.
ARMANDE
Oh I oh ! oh ! celui-là ne s'attend point du tout.
PUILAMINTE.
On n'a que lui qui puisse écrire de ce goût.
BÉLISE
Ne dis plus qu'il est amarant^ Dis plutôt qu'il est de ma rente.
Voilà qui se décline, ma rente, de ma rente, à ma rente,
PRILAMINTE.
Je ne sais, du moment que je tous ai connu, Si, sur votre sujet, j'eus l'esprit prévenu; Mais j'admire partout vos vers et votre prose.
TRISSOTIN, à Philaminte.
Si VOUS vouliez de vous nous montrer quelque chose, A notre tour aussi nous pourrions admirer.
PHILAMINTE
Je n'ai rien fait en vers; mais j'ai lieu d'espérer
Que je pourrai bientôt vous montrer, en amie ,
Huit chapitres du plan de notre académie.
Platon s'est au projet simplement arrêté,
Quand de sa République il a fait le traité;
Mais à l'effet entier je veux pousser l'idée.
Que j'ai sur le papier en prose accommodée.
Car en6n, je me sens un étrange dépit
Du tort que l'on nous fait du côté de l'esprit ;
Et je veux nous venger, toutes tant que nous sommes.
De cette indigne classe où nous rangent les hommes ,
De borner nos talents à des futilités ,
Et nous fermer la porte aux sublimes clartés.
ARMANDE
C'est faire à notre sexe une trop grande offense , De n'étendre l'effort de notre intelligence Qu'à juger d'une jupe, ou de l'air d'un manteau, Ou des beautés d'un point , ou d'un brocart nouveau.