TRISSOTIN, VADIUS, PHILAMINTK, BÉLISE, ARMANDE, HENRIETTE
TRISSOTIX, présentant Vaditis.
Voici rhomme qui meurt du désir de vous voir; En vous le produisant, je ne crains point le blâme D'avoir admis chez vous un profane, Madame. Il peut tenir son coin parmi les beaux esprits.
PHILAMINTE
La main qui le présente en dit assez le prix.
TRISSOTIN
Il a des vieux auteurs la pleine intelligence ,
Et sait du grec, Madame, autant qu'homme de France (1).
PHIL4HmTE, à Bélise.
Du grec I ô ciel ! du grec ! Il sait du grec, ma sœur !
BÉLISE, à Armande.
Ah! ma nièce, du greci
ARMANDE
Du grec! quelle douceur!
PH1L.4MINTE.
Quoi! Monsieur sait du grec? Ahl permettez» de grâce, Que, pour l'amour du grec. Monsieur, on vous embrasse. ( Vadius embrasse aussi Bélise et Armande.)
(1) Ménagre, qoe Molière jone ioi sous le nom de Vadiiu, savait en effet le gtee autant qu'homme de France. Son hnmenr aigre et pédantesqae, aon caractère présomptneox, loi firent beaucoup d'ennemis ; il se croyait le droit de tout juger en dernier ressort ; et peut-être Molière ne l'a-t-il mis en scène que pour se venger de quelques-uns de ses jngrements. Quoique i>édant, Ménage ne manquait pas d'un certain esprit qui le rendit agréable à mesdames de la Fluyette et de Sévigné ; mais ce qui fait surtout beaucoup d'honneur à son bon sens, c'est qu'il ne voulut jamais se reconnaître dans Yadius. « On veut me faire croire, dit-il, « que je suis le savant qui parle d'un ton doux ; mais ce sont de ces choses V^ « Molière désavoue. » Il est vrai que Molière, dans une harangue qu'il fit su public deux jours avant la première représentation de sa pièce, avait déssToné toute espèce de personnalité ; mais il n'en est pas moins évident que Ménage et Ootin lui ont servi de modèles, et c'est cette évidence mdme qvil fait de Ut cré* dolité de Ménage un trait de sagesse.