‹ ŒuvresChapitre 512 sur 599 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Je ne raimerais point s'il faisait le Jocrisse ; Et, si je contestais contre lui par caprice, *

Si je parlais trop haut, je trouverais fort bon Qu avec quelques soufflets il rabaissât mon ton.

C'est parler comme il faut.

MARTINE

Monsieur. est raisonnable; De vouloir pour sa fille un mari convenable.

CHRYSALE

Oui.

MARTINE

Par quelle raison, jeune et bien fait qu'il est, liui refuser Clitandre? Et pourquoi, s'il vous plaît, Lui bailler un savant, qui sans cesse épilogue ? Il lui faut un mari, non pas un pédagogue ; Et, ne voulant savoir le grais ni le latin. Elle n'a pas besoin de monsieur Trissotin.

CHRYSALE

Fort bieii.

PHILAMINTE

Il faut souffrir qu'elle jase à son aise.

MARTINE

Les savants ne sont bons que pour prêcher en chaise ,

Et, pour mon mari, moi, mille fois je l'ai dit,

Je ne voudrais jamais prendre un homme d'esprit.

L'esprit n'est point du tout ce qu'il faut en ménage.

Les livres cadrent mal avec le mariage ;

Et je veux, si jamais on engage ma foi,

Un mari qui n'ait point d'autre livre que moi.

Qui ne sache A ne B, n'en déplaise à Madame,

Et ne soit, en un mot, docteur que pour sa femme.

PHILAMINTE , à Chrysale.

Est-ce fait? et, sans trouble, ai-je assez écouté Votre digne interprète?

CHRYSALE

Elle a dit vérité.

PHILAMINTE

Et moi, pour trancher court toute cette dispute, Il faut qu'absolument mon désir s'exécute.

(Montrant Trissotin.) Henriette et Monsieur seront joints de ce pas. Je l'ai dit, je le veux : ne me répliquez pas ; Et, si votre parole à Clitandre est donnée,

MOLIÀRE. — T. n. ^^ ,

Offrez-lai le parti d'épouser son ainée.

* CHRYSALE

Voilà dans cette affaire un accommodement.

(a Henriette et à Clitandre.) Voyez ; y donnez-Tous votre consentement ?

HENRIETTE

Hé! mon père...

CLITANDRE , à Ghrysale. Hél Monsieur...

BÉLISE

On pourrait bien lui faire Des propositions qui pourraient mieux lui plaire ; Mais nous établissons une espèce d'amour Qui doit être épuré comme l'astre du jour : La substance qui pense y peut être reçue ; Mais nous en bannissons la substance étendue.

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