‹ ŒuvresChapitre 552 sur 599 · ACTE II, SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIIL

faire tout rattachement de ma vie, je vous avoue que j'y cherche quelque précaution II y en a d'aucunes qui prennent des maris seulement pour se tirer de la contrainte de leurs parents, et se mettre en état de faire tout ce qu'elles voudront. 11 y en a d'autres. Madame, qui font du mariage un commerce de pur intéi'ét; qui ne se marient que pour gagner des douaires, que pour s'enrichir par la mort de ceux qu'elles épousent, et courent sans scrupule de mari en mari, pour s approprier leurs dépouilles. Ces personnes-là, à la vérité, n'y cherchent pas tant de façons, et regardent peu la personne.

BÉLINE.

Je vous trouve aujourd'hui bien raisonnante, et je voudrais bien savoir ce que vous voulez dire par là.

ANGÉLIQUE

Moi, Madame.' Que voudrais -je dire que ce que je dis.'

BÉLINE.

Vous êtes si sotte, ma mie, qu'on ne saurait plus vous souffrir.

ANGÉLIQUE

Vous voudriez bien. Madame, m'obliger à vous répondre quelque impertinence; mais je vous avertis que vous n'aurez pas cet avantage.

BÉLINE.

11 n'est rien d'égal à votre insolence*

Non, Madame, vous avez beau dire.

BÉLINE.

Et vous avez un ridicule orgueil, une impertinente présomption, qui fait hausser les épaules à tout le monde.

ANGÉLIQUE

Tout cela. Madame, ne servira de rien. Je serai sage en dépit de vous ; et, pour vous ôter l'espérance de pouvoir réussir dans ce que vous voulez, je vais m'ôter de votre vue.

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