ACTE III, SCÈNE VHI
BÉRALDE.
Le simple homme que tous ètest
ARGAN
II dit que je deviendrai incurable avant qu'il 8oit- quatre jours.
• BÉRALDE.
Et ce qu'il dit, que fait-il à la chose ? Est-ce un oracle qui a parlé? Il semble, à tous entendre, que monsieur Purgon tienne dans ses mains le filet de vos jours, et que, d'autorité suprême, il vous l'allonge et vous le raccourcisse comme il lui plaît. Songez que les principes de votre vie sont en vousmême, et que le courroux de monsieur Purgon est aussi peu capable de vous faire mourir, que ses remèdes de vous faire Vivre. Voici une aventure, si vous voulez, à vous défaire des médecins; ou, si vous êtes né à ne pouvoir vous en passer, il est aisé d'en avoir un autre, avec lequel, mon frère, vous puissiez courir un peu moins de risque.
ARGAN
Ah ! mon frère, il sait tout mon tempérament, et la manière dont il faut me gouverner.
BÉRALDE.
11 faut vous avouer que vous êtes un homme d'une grande prévention, et que vous voyez les choses avec d'étranges yeux.