‹ ŒuvresChapitre 593 sur 599 · ARGAN, ANGÉLIQUE, CLÉANTB, TOINETTE · texte numérisé non relu

ARGAN, ANGÉLIQUE, CLÉANTB, TOINETTE

GLÉANTE.

Qu'avez-Tous donc, belle Angélique? et quel malheur pleurez-vous ?

ANGÉLIQUE

Hélas ! je pleure tout ce que dans la yie je pouvais perdre de plus cher et de plus précieux ; je pleure la mort de mon père.

GLÉANTE.

O ciel! quel accident! quel coup inopiné ! Hélas ! après la demande que j'avais conjuré votre oncle de lui faire pour moi, je venais me présenter à lui, et tâcher, par mes respects et par mes prières, de disposer son cœur à vous accorder à mes vœux.

ANGÉLIQUE

Ah! Cléante, ne parlons pi us de rien ; laissons là toutes les pensées du mariage. Après la perte de mon père, je ne veux plus être du monde, et j'y renonce pour jamais. Oui, mon père, si j'ai résisté tantôt à vos volontés, je veux suivre du moins une de vos intentions, et réparer par là le chagrin que je m'accuse de vous avoir donné. (Se mettant à ses genoux.) Souffrez, mon père, que je vous en donne ici ma parole, et que je vous embrasse pour vous témoigner mon ressentiment. ARGAN, embrassant Angélique.

Ah! ma fille!

ANGÉLIQUE

Ahi!

ARGAN

Viens. N'aie point de peur, je ne suis pas mort. Va, tu es mon vrai sang, ma véritable fille ; et je suis ravi d'avoir vu ton bon naturel.

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