‹ ŒuvresChapitre 80 sur 599 · ACTE II, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IL

Moi! je vins hier?

ALCMÈNE

Sans doute; et, dès devant l'aurore.

Vous vous en êtes retourné.

AMPHITRYON, à part.

Cieil un pareil débat s'est-il pu voir encore? Et qui de tout ceci ne serait étonné?

Sosie!

SOSIE

Elle a besoin de six grains d'ellébore , Monsieur; son esprit est tourné.

AMPHITRYON

Alcmène, au nom de tous les dieux , Ce discours a d'étranges suites !

Reprenez vos sens un peu mieux , Et pensez à ce que vous dites.

ÂLCMÈNE. '

J'y pense mûrement aussi ; El tous ceux du logis ont vu votre arrivée. J'ignore quel motif vous fait agir ainsi ; Mais si la chose avait besoin d'être prouvée , S'il était vrai qu'on pût ne s'en souvenir pas, De qui puis-je tenir, que de vous, la nouvelle

Du dernier de tous vos combats, £1 les cinq diamants que portait Ptérélas ,

Qu'a fait dans la nuit éternelle

Tomber l'effort de votre bras?

En pourrait-on vouloir un plus sûr témoignage?

Quoi ! je vous ai déjà donné Le nœud de diamants que j'eus pour mon partage. Et que je vous ai destiné ?

ALCMÈNE

Assurément. Il n'est pas difficile Di vous en bien convaincre.

AMPHITRYON

Et comment?

ALCMÈNE , montrant le nœnd de diamants à sa ceinture.

Le voici.

AMPHITRYON

Sosie!

SOSIE , tirant de sa poche nn coffret.

Elle se moque, et je le tiens ici.

114 AMPHITRYON

Monsieur, la feinte est inutile.

AMPHITRYON, regardant le coffret.

Le cachet est entier.

ALCMÈNE, présentant à Ampliitryon le nœud de diamants. Est-ce une rision P Tenez. Trouverez- vous cette preuve assez forte?

AMPHITRYOIf.

Ah ciel! ô juste ciel!

Allez, Amphitryon, Vous vous moquez d'en user de la sorte ; Et vous en devriez avoir confusion.

AHPBrrRYON.

Romps vite ce cachet.

SOSIE, ayant ouvert le coffret.

Ma foi, la place est vide.

Il faut que, par magie on ait su le tirer, Ou bien que de lui-même 11 soit venu, sans guide. Vers celle qu'il a su qu'on en voulait parer.

AMPHITRYON, à part.

O dieux, dont le pouvoir sur les choses préside, Quelle est cette aventure, et qu'en puis-je augurer Dont mon amour ne s'intimide?

SOSIE, à Amphitryon.

Si sa bouche dit vrai, nous avons même sort, Et de même que moi, Monsieur, vous êtes double.

AMPHITRYON

Tais-toi.

ALCMÈNE

Sur quoi vous étonner si fort ?

Et d'où peut naître ce grand trouble?

AMPHITRYON, à part.

0 ciel ! quel étrange embarras !

Je vois des incidents qui passent la nature ; Et mon honneur redoute une aventure Que mon esprit ne comprend pas.

ALCMÈNE

Songez- vous, en tenant cette preuve sensible, A me nier encor votre retour pressé?

Non; mais, à ce retour, daignez, s'il est possible, Me conter ce qui s'est passé.

ALCMÈNE

Puisque vous demandez un récit de la chose,

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