MERCURE, AMPHITRYON
VERCURB , sur le balcon de la maison d'Amphitryon, sans être va
ni entendu d'Amphitryon.
Comme l'amoar ici ne m'offre aucun plaisir, Je m'en yeux faire au moins qui soient d'autre nature, Et je vais égayer mon sérieux loisir A mettre Amphitryon hors de toute mesure. Gela n'est pas d'un dieu bien plein de charité ; Mais aussi n'est-ce pas ce dont je m'inquiète ;
Et je me sens, par ma planète,
A la malice un peu porté.
D'où Tient donc qu'à cette heure on ferme cette porte ?
MERCURE
Holàl tout doucement. Qui frappe.'
AMPHITRYON, sans voir Mercure.
Moi.
MERCURE
Qui, mol?
AMPHITRYON , apercevant Mercure qu'il prend pour Sosie. Ah! ouvre.
MERCURE
Comment, ouvre! Et qui donc es-tu, toi Qui fais tant de vacarme et parles de la sorte?
AMPHITRYON
Quoi! tu ne me connais pas?
MERCURE
Non, Et n'en ai pas la moindre envie.
AMPHITRYON, à part.
Toat le monde perd- il aujourd'hui la raison ? Est-ce un mal répandu? Sosie! holà. Sosie!
MERCURE
Eh bien. Sosie! oui, c'est mon nom; As- tu peur que je ne l'oublie?
AMPHITRYON
Me vois-tu bien?
Fort bien. Qui peut pousser ton bras A faire une rumeur si grande?
132 AMPHITRYON
Et que demandes- tu là-bas ?
AMPHITRYON
Moi, pendard! ce que je demande?
MERCURE
Que ne demandes-tu donc pas ?
Parle, si tu yeux qu'on t'entende.
AMPHITRYON
Attends, traître! avec un bâton Je vais là-haut me faire entendre, Et de bonne façon rapprendre  m'oser parler sur ce ton.
MERCURE
Tout beau! si pour heurter tu fais la moindre instance^ Je t'enverrai d'ici des messagers fâcheux.
AMPUrrRYON.
0 ciel! vit-on jamais une telle insolence?
La peut-on concevoir d'un serviteur, d'un gueux?
MERCURE
Eh bien! qu'est-ce? M'as-tu tout parcouru par ordre? M'as- tu de tes gros yeux assez considéré? Comme il les écarquille, et parait effaré!
Si des regards on pouvait mordre,
Il m'aurait déjà déchiré.
AMPHITRYON
Moi-même je frémiâ de ce que tu t'apprêtes
Avec ces impudents propos.
Que tu grossis pour toi d'effroyables tempêtes? Quels orages de coups vont fondre sur ton dos I
MERCURE
L'ami, si de ces lieux tu ne veux disparaître. Tu pourras y gagner quelque contusion.
AMPHITRYON
Âh! tu sauras, maraud, à ta confusion,
Ce que c'est qu'un valet qui s'attaque à son maître.
MERCURE
Toi, mon maître?
AMPHITRYON
Oui, coquin! M'oses- tu méconnaître?
MERCURE
Je n'en reconnais point d'autre qu'Amphitryon.
AMPHITRYON
Et cet Amphitryon, qui, hors moi, le peut être?
MERCURE
Amphitryon ?