‹ ŒuvresChapitre 93 sur 599 · MERCURE, AMPHITRYON · texte numérisé non relu

MERCURE, AMPHITRYON

VERCURB , sur le balcon de la maison d'Amphitryon, sans être va

ni entendu d'Amphitryon.

Comme l'amoar ici ne m'offre aucun plaisir, Je m'en yeux faire au moins qui soient d'autre nature, Et je vais égayer mon sérieux loisir A mettre Amphitryon hors de toute mesure. Gela n'est pas d'un dieu bien plein de charité ; Mais aussi n'est-ce pas ce dont je m'inquiète ;

Et je me sens, par ma planète,

A la malice un peu porté.

D'où Tient donc qu'à cette heure on ferme cette porte ?

MERCURE

Holàl tout doucement. Qui frappe.'

AMPHITRYON, sans voir Mercure.

Moi.

MERCURE

Qui, mol?

AMPHITRYON , apercevant Mercure qu'il prend pour Sosie. Ah! ouvre.

MERCURE

Comment, ouvre! Et qui donc es-tu, toi Qui fais tant de vacarme et parles de la sorte?

AMPHITRYON

Quoi! tu ne me connais pas?

MERCURE

Non, Et n'en ai pas la moindre envie.

AMPHITRYON, à part.

Toat le monde perd- il aujourd'hui la raison ? Est-ce un mal répandu? Sosie! holà. Sosie!

MERCURE

Eh bien. Sosie! oui, c'est mon nom; As- tu peur que je ne l'oublie?

AMPHITRYON

Me vois-tu bien?

Fort bien. Qui peut pousser ton bras A faire une rumeur si grande?

132 AMPHITRYON

Et que demandes- tu là-bas ?

AMPHITRYON

Moi, pendard! ce que je demande?

MERCURE

Que ne demandes-tu donc pas ?

Parle, si tu yeux qu'on t'entende.

AMPHITRYON

Attends, traître! avec un bâton Je vais là-haut me faire entendre, Et de bonne façon rapprendre  m'oser parler sur ce ton.

MERCURE

Tout beau! si pour heurter tu fais la moindre instance^ Je t'enverrai d'ici des messagers fâcheux.

AMPUrrRYON.

0 ciel! vit-on jamais une telle insolence?

La peut-on concevoir d'un serviteur, d'un gueux?

MERCURE

Eh bien! qu'est-ce? M'as-tu tout parcouru par ordre? M'as- tu de tes gros yeux assez considéré? Comme il les écarquille, et parait effaré!

Si des regards on pouvait mordre,

Il m'aurait déjà déchiré.

AMPHITRYON

Moi-même je frémiâ de ce que tu t'apprêtes

Avec ces impudents propos.

Que tu grossis pour toi d'effroyables tempêtes? Quels orages de coups vont fondre sur ton dos I

MERCURE

L'ami, si de ces lieux tu ne veux disparaître. Tu pourras y gagner quelque contusion.

AMPHITRYON

Âh! tu sauras, maraud, à ta confusion,

Ce que c'est qu'un valet qui s'attaque à son maître.

MERCURE

Toi, mon maître?

AMPHITRYON

Oui, coquin! M'oses- tu méconnaître?

MERCURE

Je n'en reconnais point d'autre qu'Amphitryon.

AMPHITRYON

Et cet Amphitryon, qui, hors moi, le peut être?

MERCURE

Amphitryon ?

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