ACTE in, SCÈNE lY
N.4UCR.4TÈS, à Amphitryon.
Daignez nous dire au moins quel peut être son crime.
SOSIE
Messieurs, tenez bon, s'il tous plaît.
AMPHITRYON
Comment ! il vient d'avoir l'audace De me fermer la porte au nez , Et de joindre encore la menace A mille propos effrénés !
( Voulant 1& frapper.) Ah! coquin!
SOSIE, tombant à genoax.
Je suis mort.
NAUCRATÈS, à Amphitryon.
Calmez cette colère.
SOSIE
Messieurs I
POLIDAS, à Sosie.
Qu'est-ce?
SOSIE
M'a-t-il frappé?
AMPHITRYON
Non, il faut qu'il ait le salaire Des mots où tout à l'heure il s'est émancipé.
SOSIE
Comment cela se peut-il faire.
Si j'étais par votre ordre autre part occupé ? Ces messieurs sont ici pour rendre témoignage Qu'à dîner avec vous je les viens d'inviter.
NAUCRATÈS
II est vrai qu'il nous vient de faire ce message , Et n'a point voulu nous quitter.
AMPHITRYON
Qui t*a donné cet ordre ?
SOSIE
Vous.
Et quand?
• SOSIE
Après votre paix faite, Au milieu des transports d'une âme satisfaite D'avoir d'Alcmène apaisé le courroux.
( Sosie se relève.}
136 AMPHITRYON
AMPHITRYON
0 ciel ! chaque instant, chaque pas Ajoute quelque chose à mon cruel martyre, Et, dans ce fatal embarras.
Je ne sais plus que croire ni que dire.
NAUCRATÈS
Tout ce que de chez vous il vient de nous couler
Surpasse si fort la nature, Qu'avant que de rien faire et de vous emporter, Vous devez éclaircir toute cette aventure.
AMPHITRYON
Allons; vous y pourrez seconder mon effort; Et le ciel à propos ici vous a fait rendre. Voyons quelle fortune en ce jour peut m'attendre ; Débrouillons ce mystère, et sachons notre sort.
Hélas 1 je brûle de l'apprendre ;
Et je le crains plus que la mort.
(Amphitryon frappe à la porte de sa maison.)