‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 22 sur 397 · Eitiir. ifi J'yal. I.xx.w. ii. I ;>. Marc. i · texte numérisé non relu

Eitiir. ifi J'yal. I.xx.w. ii. I ;>. Marc. i

•2. .Venn.. crri.i. ii. 7. 4. II Tim.. m. II».

eux-mêmes : tant il est nécessaire que l'Église souffre ! Une haine injuste et cruelle animait les empereurs contre les gens de bien ; une sainte haine anime les gens de bien contre eux-mêmes.

O nouveau genre de martyre, où le martyr patient et le persécuteur sont également agréables ; où Dieu, d'une même main, soutient celui qui souffre et couronne celui qui persécute! C'est le martyre de saint François, c'est où il a paru invincible ; et quoique vous l'ayez déjà vu dans ce que je vous ai rapporté de sa vie, il faut encore ajouter un trait au tableau que j'ai commencé de sa pénitence, et puis nous passerons à sa charité.

Je dis donc qu'il y a deux choses qui composent la pénitence : la mortification du corps et l'abaissement de l'esprit. Car la pénitence, comme je l'ai touché au commencement de ce discours, est un sacrifice de tout l'homme, qui, se jugeant digne du dernier supplice, ee détruit en quelque façon devant Dieu, Par conséquent, il est nécessaire, afin que le sacrifice soit plein et entier, de dompter et l'esprit et le corps : le corps par les mortifications, et l'esprit par l'humilité. Et d'autant que le sacrifice est plus agréable lorsque la victime est plus noble, il ne faut point douter que ce ne soit une action sans comparaison plus excellente d'humilier son esprit devant Dieu que de châtier son corps pour l'amour de lui : de sorte que l'humilité est la partie la plus essentielle de la pénitence chrétienne. C'est pourquoi le docte Tertullien donne cette belle définition à la pénitence : « La pénitence, dit-il ^, c'est la science d'humilier l'homme : Prosternendi et humilifîcandi hominis disciplina. » D'où, passant plus outre, je dis que si la vie chrétienne est une pénitence continuelle, ainsi que nous Pavons établi par la doctrine de saint Augustin, ce qui fait le vrai pénitent, c'est ce qui fait le vrai chrétien ; et partant, c'est en l'humilité que consiste la souveraine perfection du christianisme.

Ainsi ne vous persuadez pas avoir vu toute la pénitence de François de Paule, quand je vous ai fait contempler ses austérités : je ne vous ai encore montré que

Page 1