‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 271 sur 397 · Philip., u, 6, 7. 2. Ps. ex vin, W · texte numérisé non relu

Philip., u, 6, 7. 2. Ps. ex vin, W

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veut dire ce saint prophète? Certes, le commandement, c'est la voie par laquelle nous devons avancer ; d'où vient que le Sauveur a dit : Si tu veux p(n~venir à la vie, observe les commandements \ Les voies de Dieu et les ordonnances de Dieu, c'est la même chose dans les Écritures : Heureux est celui, dit David', qui marche dans la voie du Seigneur, c'est-à-dire qui garde ses lois ; or le commandement est large ; c'est ainsi que parle David. Et comment est-ce donc qu'il est dit que les voies du salut sont étroites? Ah! Chrétiens, sentons en nousmêmes ce que le Sauveur Jésus a senti. Il s'est mis à l'étroit, afin de se répandre plus abondamment : ainsi nous devons être dans une salutaire contrainte, pour donner à notre âme sa véritable étendue. Contraignonsnous en domptant nos désirs, en mortifiant notre chair ; mettons-nous à l'étroit par l'exercice de la pénitence, et notre âme sera dilatée par l'inspiration de la charité. L« charité élargit les voies, dit l'admirable saint Augustin^ : c'est elle qui dilate Vâme, et qui la rend capable de recevoir Dieu. Mon âme se dilate sur votis, ô Corinthiens ; vous n^êtes point à l'étroit dans mon cœur, disait l'apôtre saint Paul': c'est qu'il les aimait par une charité très sincère. Et ailleurs, le même saint Paul: La charité de Jésus-Christ nous presse^. Grand Apôtre, si elle nous presse, comment est-ce qu'elle nous dilate? Ah! nous répondrait-il, Chrétiens, plus elle nous presse, plus elle nous dilate : autant qu'elle presse nos cœurs, pour en chasser les délices du monde, autant elle les dilate, pour recevoir les grâces célestes et la sainte dilection.

Ainsi réjouissez-vous, ma très chère Sœur : autant que la vie à laquelle vous êt^s résolue de vous préparer est difficile et contrainte, autant est-elle libre et aisée ; autant qu'elle a d'incommodités selon les sens, autant elle abonde en esprit de divines et bienheureuses consolations.

Mais si vous y voulez profiter, i-evêtez-vous auparavant de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; prenez les senti-

\. Matth.. XIX. 17. 4. II Cor., vi. 11.

•-'. Ps. fxviii. L ;'). II Cor., v. 14.

."i. Enarr. Il, in /V. .\.\.\'. ii. 1.").

Sermons île Bo«>iuet. — II. 27

nients du Sauveur. Il a voulu que le mystère que nous célébrons aujourd'hui fût préparé et accompli par obéissance. Si l'ange parle à Alarie, c'est de la part de Dieu qu'il lui parle ; si Marie conçoit le Sauveur, elle le conçoit par l'obéissance : Je suis la servante du Seigneur \ Cette parole de soumission a attiré le Fils de Dieu, du plus haut des cieux, dans ses bénites entrailles : car elle l'a conçu, non par l'opération de la chair, mais par l'opération de l'Esprit de Dieu, et le Saint-Esprit ne repose que dans les âmes obéissantes. Enfin le Verbe est descendu sur la terre, mais il y était envoyé par son Père, et le j^remier acte qu'il fit, ce fut un acte d'obéissance. 7/ est écrit, dit-il, au commencement du livre, que je ferai votre volonté, ô mon Père. Ce sont les propres paroles que l'apôtre saint Paul lui fait dire au moment qu'il entre en ce monde : Ingrediens mundum dicit:... In capite libii scriptum est de me, ut faciam, Deus, voluntatem tuam^. Prenez donc les sentiments du Sauveur Jésus. Gardez-vous bien d'entrer dans ce nouveau genre de vie, si vous n'y êtes appelée de la part de Dieu. L'Église ne veut pas que vous vous y engagiez témérairement ; et c'est pour cette raison qu'elle vous donne ce temps d'épreuve. Éprouvez quel est le bon plaisir de Dieu ; étudiez-vous vous-même, consultez les personnes spirituelles. La vie à laquelle vous vous destinez, est la plus calme et la plus tranquille de toutes pour celles qui sont bien appelées ; mais, pour celles qui ne le sont pas, il n'y a point de pareilles tempêtes ; et telle que serait la témérité d'un homme qui, ne sachant ce que c'est que la navigation, se mettrait sur mer sans pilote, telle est la folie d'une créature qui embrasse la vie religieuse sans avoir la volonté de Dieu pour son guide.

Car je vous prie de considérer, ma très chère Sœur, C|ue ce n'est pas par vos propres forces que vous pouvez accomplir les devoirs de la vie religieuse. C'est donc par l'assistance divine ; et avec quelle confiance imploreriezvous l'assistance de Dieu pour exécuter une chose, si vous l'aviez entreprise contre sa volonté? Par consé-

]. Luc. 1, :îS. -2. Hebr.. x. ."). 7.

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quent, songez quelle est votre vocation, et que ce soit là toute votre étude. Sachez que la perfection de la vie chrétienne n'est pas de se jeter dans un cloître, mais de faire la volonté de Dieu ; c'est là notre nourriture, selon ce que dit le Sauveur : Meu>< cihus est, ut fac'unn. vobmtatein ejus qui inhit me '.

Cependant recevez des mains de la sainte Église le voile qu'elle vous donnera, bénit par l'invocation du nom de Dieu qui sanctifie toutes choses. Mais, en même temps, recevez invisiblement de l'Esprit de Dieu un voile spirituel, qui est la simplicité et la modestie : qu'elle couvre et vos yeux et votre visage ; qvi'elle ne vous permette pas d'élever la vue, sinon à ces saintes montagnes d'où vous doit venir le secours". Ëpouse de Jésus-Christ, si quelque chose vous plaît, excepté Jésus, vous êtes une infidèle et une adultère, et votre virginité vous tourne en prostitution. Dépouillez-vous donc généreusement de l'habit du siècle : laissez-lui sa pompe et ses vanités ; ornez votre corps et votre âme des choses qui plaisent à votre Époux : que la candeur de votre innoceiTce soit colorée par l'ardeur du zèle et par la pudeur modeste et timide. Ce n'est que par le silence ou par des réponses d'humilité, que votre bouche doit être embellie. Insérez à vos oreilles, c'est Tertullien qui vous }■ exhorte ^, insérez à vos oreilles la sainte parole de Dieu : ayez votre âme élevée à Dieu : alors votre taille sera droite, et votre contenance agréable. Que toutes vos actions soient animées de la charité, et tout ce que vous ferez aura bonne grâce. C'est la seule beauté que je vous souhaite, parce que c'est la seule qui plaît au ^ erbe incarné, votre Époux.

Et vous, mes très chères Sœurs, recevez cette jeune fille, que vous avez si bien élevée. F^h Dieu ! que pourrai-je vous dire pour votre consolation ? Sans doute votre piété a déjà prévenu tous mes soins. Ha ! que le Fils de Dieu vous aura donné de douceurs en mangeant cette même chair, cette chair sainte, cette chair vivante et pleine d'esprit de vie, cju'il a prise aujourd'hui pour notre salut ! Achevez votre course avec le même cou-

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