‹ uvres oratoires de Bossuet (volume 2)Chapitre 70 sur 397 · PREMIER PAXEGYRIOUE DE SAINT JOSEPH · texte numérisé non relu

PREMIER PAXEGYRIOUE DE SAINT JOSEPH

l'J mars 1G5G.

La reprise de ce discours ' en 1659, devant Anne d'Autriche, est de beaucoup mieux connue que sa première orijrine. On a prétendu (Lâchât, t. XH, p. 104) (pie la rédaction primitive avait été destinée aux Feuillants, à Paris, en 1607. M. Floquet, avec plus de raison, ce semble, avait reconnu dans les rimes de Loret -, l'analyse d'un autre discours, le Quœsivit sibi Deus. {Études sur la vie de Bossuet, t. I, p. 398 ; t. H, p. 132.) Les deux panégyriques auraient l'xm et l'autre été prêches deux fois.

Reste donc que le Deposiium custodi, dont le temps avait effacé les idées dans la mémoire de son auteur dès 1659, ait été écrit d'abord pour ime église de province, avant 1657. Les caractères paléographiques du manuscrit ne s'opposent pas à cette hypothèse, pourvu qu'on ne remonte pas au delà de 1656. On en peut voir une confirmation dans l'appellation Fidèles, si fréquente dans ce discours. L'orateur n'y emploie jamais le mot Messieurs, que nous rencontrerons à l'épocpie de Paris. Il dit même : à ce peuple, ce qui ne conviendrait guère, on l'avouera, à son auditoire des Feuillants, où se trouvera le cardinal Barberini, légat du Pape, « et plus de vingt-et-deux prélats », venus dans la capitale jjour une assemblée du clergé, et qui, dit Loret •'',

De l'ouïr n'étaient jamais las.

Les éditeurs, d'après leur méthode de fusion des rédactions successives, ne donnent ni le vrai discours de 1656, ni celui de 1659 ; mais une sorte de résultante 4. Xous imprimons ici la plus ancienne sous sa forme primitive. Les additions plus récentes viendront à leur date (1659) .

Dcposituin custodi.

Gardez le dépôt.

(I Tiui., VI, [20].)

C'est une opinion reçue et un .sentiment commun parmi tous les hommes, que le dépôt a f^uelque chose

1. ils. (le l;i collection Flo(iiiet, 4. Der- deux avaut-proiios. ils en passé dans celle de M. H. de Roth- ont fait un seul. ( Voyez r//(W((?'re scbild. ciiti(/i(C(li- lu Prt'ilica/ion f]f Bussiict,

2. Musc hifhir'i(j>ie. lettre du 24 p. ô?.) On a ainsi deux invocations mars ItlâT. pour une. k Y Are Afaria.

?.. Ihi.l.

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de saint, et' que nous le devons conserver à celui qui nous le confie, non seulement par fidélité, mais encore par une espèce de religion. Aussi, apprenons-nous du grand saint Ambroise, au second livre de ses Offices^, que c'était une pieuse coutume établie parmi les fidèles, d'appoi'ter aux évêques et à leur clergé ce qu'ils voulaient garder avec plus de soin, pour le mettre auprès des autels ; par une sainte persuasion qu'ils avaient, qu'ils ne pouvaient mieux placer leurs trésors" qu'où Dieu même confie ^ les siens, c'est-à-dire ses sacrés mystères. Cette coutume était passée en l'Église* par l'exemple de la Synagogue ancienne. Nous lisons dans l'PIistoire sainte que le temple auguste de Jérusalem était le lieu de dépôt des Juifs ; et nous apprenons des auteurs profanes ^, que les païens faisaient cet honneur à leurs fausses divinités de mettre leurs dépôts dans leurs temples, et de les confier à leurs prêtres : comme si la nature nous enseignait que l'obligation du dépôt ayant quelque chose de religieux, ils ne pouvaient être mieux placés ° que dans les lieux où l'on révère la Divinité, et entre les mains de ceux que la religion consacre.

Mais s'il y eut jamais un dépôt qui méritât d'être appelé saint, et d'être ensuite gardé saintement, c'est celui dont je dois parler, et que la providence du Père éternel commet à la foi du juste Joseph : si bien que sa maison me paraît un temple, puisqu'un Dieu y daigne habiter et s'y est mis lui-même en dépôt ; et Joseph a dû être consacré pour garder ce sacré trésor. En effet il l'a été, Chrétiens : son corps l'a été par la continence, et son âme par tous les dons de la grâce \ O Marie, vous avez vu les effets de la grâce qui l'a rempli, et j'ai besoin de votre secours pour les faire entendre à ce peuple. Quand est-ce qu'on peut espérer de vous des intercessions plus puissantes qu'où il s'agit du pudique époux que le Père vous a choisi pour conserver cette *

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