‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 138 sur 538 · Ornt. xv[ (Nunc xrv). hles de lui faire abandonner des · texte numérisé non relu

Ornt. xv[ (Nunc xrv). hles de lui faire abandonner des

qu'elle servait avec tant de foi, heureuse de se dépouiller d'une jnajesté empruntée et d'adorer dans votre bassesse la g'ioneuse pauvreté de Jésus-Christ, quel admirable panégyrique prononceriez-vous par vos gémissements à la gloire de cette princesse, s'il m'était permis de vous introduire dans cette auguste assemblée ! Recevez, Père Abraham, dans votre sein cette héritière" de votre foi ; comme vous servante des pauvres, et digne de trouver en eux, non plus des anges, mais Jésus-Christ même. Que dirai-je davantage? Écoutez tout en un mot : fille, femme, mère, maîtresse, reine, telle que nos vœux l'auraient pu faire, plus que tout cela ^ chrétienne, elle accomplit tous ses devoirs sans présomption, et fut humble non seulement parmi toutes les grandeurs, mais encore parmi toutes les vertus.

J'expliquerai en peu de mots les deux autres noms que nous voyons écrits sur la colonne mystérieuse de l'Apocalypse et dans le cœur de la Reine. Par le nom de la sainte cité de Dieu, la nouvelle Jérusalem ^, vous voyez bien. Messieurs, qu'il faut entendre le nom de l'Eglise catholique, cité sainte dont toutes les pierres sont vivantes ^, dont Jésus-Christ est le fondement, qui descend du ciel ^, avec lui, parce qu'elle y est renfermée conmie dans le chef dont tous les membres reçoivent leur vie ; cité qui se répand par toute la terre, et s'élève jusqu'aux cieux pour y placer ses citoyens. Au seul nom de l'Église, toute la foi de la Reine se réveillait. Mais une vraie fille de l'Église, non contente d'en embrasser la sainte doctrine, en aime les observances, où elle fait consister la principale partie des pratiques extérieures de la piété.

L'Église, inspirée de Dieu et instruite par les saints apôtres, a tellement disposé l'année, qu'on y trouve, avec la vie, avec les mystères, avec la prédication et la doctrine de Jésus-Christ, le vrai fruit de toutes ces

exercices qui pouvaient altérer une Christ des services qu'il ne lui était

santé aussi précieuse, mais qui fai- plus permis de leur rendre en per-

saient sa consolation. Cependant sonne. » (Deforis.)

elle crut, en se soumettant aux 1 . Il n'y a pas ici de virgule dans

volontés du Roi, devoir redoubler les éditions originales,

ses largesses, et former de nouveaux 2. Apoc, m, 12.

établissements pour dédommager 3. I Petr., ii, 4. 5.

les membres souffrants de Jés^us- 4. Apoc, m, 12.

choses dans les admirables vertus de ses serviteurs et dans les exemples de ses saints, et enfin un mystérieux abrégé de l'Ancien et du Nouveau Testament et de toute l'Histoire ecclésiastique. Par là toutes les saisons sont fructueuses pour les chrétiens ; tout y est plein de Jésus-Christ, qui est toujours admirable, selon le prophète \ et non seulement en lui-même, mais encore dans ses saints ^. Dans cette variété, qui aboutit toute "^ à l'unité sainte tant recommandée par Jésus-Christ ', l'âme innocente et pieuse trouve avec des plaisirs célestes une solide nourriture et un perpétuel renouvellement de sa ferveur. Les jeûnes y sont mêlés dans les temps convenables, afin que l'âme, toujours sujette aux tentations et au péché, s'affermisse et se puritie par la pénitence. Toutes ces pieuses observances avaient dans la Reine l'effet bienheureux que l'Église même demande : elle se renouvelait dans toutes les fêtes, elle se sacrifiait dans tous les jeûnes et dans toutes les abstinences. L'Espagne sur ce sujet a des coutumes que la France ne suit pas ; mais la Reine se rangea bientôt à l'obéissance : l'habitude ne put rien contre la règle, et l'extrême exactitude de cette princesse marquait la délicatesse de sa conscience. Quel autre a mieux profité de cette parole: Qui vous écoute m'écoute'} Jésus- Christ nous y enseigne cette excellente pratique de marcher dans les voies de Dieu sous la conduite particulière de ses serviteurs qui exercent son autorité dans son Église. Les confesseurs de la Reine pouvaient tout sur elle dans l'exercice de leur ministère, et il n'y avait aucune vertu où elle ne pût être élevée par son obéissance. Quel respect n'avait-elle pas pour le souverain Pontife, vicaire de Jésus-Christ, et pour tout l'ordre ecclésiastique ! Qui pourrait dire ^ combien de larmes lui ont coûté ces divisions toujours trop longues, et dont on ne peut demander la fin avec trop de gémis-

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