Cette cérémonie est expliquée 3. I Cor., xi
dans ce qui suit, mais en un style un 4. Lâchât: et qui ira... — Les peu énigmatique. Voici en quoi elle deux premiers mots sont une addiconsistait. L'évêque, ou, à son dé- tion que Deforis avait oublié cette faut, celui qui célébrait l'office de fois de placer entre crochets. M. La- Pâques à la cathédrale de Meaux, chat aurait dû le remarquer en col- ^près avoir baisé le missel à l'évan- lationnant le texte sur le manuscrit, gile, saluait l'un après l'autre deux 5. Les éditions précédentes font des chanoines, le chantre et le sous- de ceci une apostrophe au pauvre, chantre, en disant à chaque fois : Ce n'est pas le sens. Bosquet de- Resurrexit Dominus (Le Seigneur mande si un chrétien craindra d'être est ressuscité) : chacun d'eux, après pauvre, avoir répondu : Credo (Je le crois), 6. Luc, xil, 32. répétait à celui des chanoines qui 7. Deforis complétait ainsi : « de le suivait l'annonce de la Résur- ce que [vous êtes ici-bas riches, puisrection, que l'on accueillait parle sants, heureux]. » même acte de foi, pour se la trans- 8. Eccl., ii, 2.
sèdes plus ta volonté : crains cette joie. Je te vois verser un torrent de pleurs; tu n'oses lever la tête : ha! si tu avais connu la séduction de la joie ! Quid frustra deciperis ? Et toi, qui as tendu à ton ennemi d'imperceptibles lacets, pièges invisibles, tu as dit : Qui nous verra ^ ? Il est tombé à tes pieds : triomphe du cœur : Frustra deciperis. Effleure ^ sa peau ; à toi le poignard dans le sein. Défiez- vous donc de la joie qui vient des sens ; car il en est comme de ces villes qu'on prend dans une fête. On feint une paix : joie partout. Tout d'un coup le feu, l'épée, le carnage ; on connnence à dire : Malheureuse joie! Il n'est plus temps; il faut périr. Il fallait avoir connu auparavant que le ris était ^ une erreur, et dire à la joie : Tu t'es vainement trompée^. Quand donc une joie soudaine et trop vive, la vapeur monte à la tête, on s'enivre : c'est l'ennemi qui veut te perdre.
La vie humaine semblable à un chemin. Dans l'issue est un précipice affreux : on nous en avertit dès le premier pas ; mais la loi est prononcée, il faut avancer toujours. Je voudrais retourner sur mes pas : Marche, marche ! Un poids invincible, une force invincible nous entraîne ; il faut sans cesse avancer vers le précipice. Mille traverses, mille peines. Encore si je pouvais éviter ce précipice affreux ! Non, non ; il faut marcher, il faut courir : rapidité ^' des années. On se console pourtant, parce que de temps en temps objets qui nous divertissent, des eaux courantes, des fleurs qui passent, etc. On voudrait arrêter : Marche, marche ! Et cependant on voit tomber derrière soi tout ce qu'on avait passé ; fracas effroyable, inévitable ruine. On se console, parce qu'on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu'on voit se faner entre ses mains du matin au soir, quelques fruits qu'on perd en les goûtant. Enchantement. Toujours entraîné, tu approches du