Var. : C'est ainsi qu'il est pous- hardies, qui
se par la débauche. Ont su se faire un front qui ne rougit jamais.
bés par degrés dans cet abîme ; et pour vous faire descendre dans ces profondeurs dont vous aviez tant d'horreur, il n'a fallu que vous y conduire par une pente plus douce et plus insensible. Ainsi, ô divin Sauveur, je bornerais trop ma reconnaissance envers vous, si je la renfermais seulement dans les crimes que vous [p. 37] m'avez pardonnes. Hélas! ils se sont multipliés par-dessus les cheveux de ma tête, et mon cœur m^ahandonne quand 'fy pense ^. Mais enfin le nombre en est fini ; et je vois paraître à mes yeux une suite qui n'a point de fin de péchés connus et inconnus. Si mes mains en sont innocentes, je le dois à la bonté du Sauveur. O grâce ! ô [miséricorde] ^ î Apprenons donc à connaître la société ^ des péchés ; et dans un seul que nous commettons, concevons l'infinité tout entière ^ [p. 38] de notre malice.
Un respect humain "" vous empêche de faire une bonne action. Pendant qu'on se déchaîne contre les dévots, vous rougissez de la profession de la piété véritable. C'est par un semblable commencement que, durant la persécution ^, tant d'âmes infirmes firent naufrage dans la foi ^ et que l'Église pleura leur apostasie. Si bientôt vous ne corrigez l'indifférence inhumaine que vous avez pour les malheureux et pour les pauvres, vous viendrez, plein de vous-même et de vos plaisirs, à l'insensibilité du Mauvais riche ^ . Qu'on pousse à bout cette vanité qui exige tant de complaisances, ou cet intérêt qui vous fait faire un faux pas dans le chemin de la bonne foi et de la justice, on verra naître d'un côté ces monstres d'orgueil qu'on ne pourra plus supporter, et de l'autre les trahisons et les perfidies signalées.
Regardez donc, dans ce premier pas où la main du Sauveur vous a soutenus ^, toute l'horreur [p. 39] de