‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 341 sur 538 · Joan., xiîi, 1. 13. I Cor., vu · texte numérisé non relu

Joan., xiîi, 1. 13. I Cor., vu

qui pleurent, comme ne pleurant pas ^ ; et ceux qui se réjouissent, comme ne se réjouissant pas ; et ceuoc qui achètent, comme n^achetant pas ; et ceux qui usent de ce monde, comme n^en usant pas : parce que ta figure de ce monde passe ^. Comme s'il disait : Pourquoi voulez-vous demeurer dans ce qui passe? Vous croyez que c'est un corps, une vérité ; ce n'est qu'une ombre et. une figure, et encore une figure ^ qui passe, qui s'évanouit : ainsi, en quelque état que vous soyez, ne vous arrêtez jamais. Les liaisons les plus fermes * et les plus saintes, telle qu'est celle du mariage, trouvent leur dissolution dans la mort : vos regrets passeront comme vos joies; ce que vous croyez posséder à plus juste titre vous échappe, à quelque prix que vous l'ayez acheté. Tout passe, malgré qu'on en ait ^. Mais c^est autre chose, dit saint Augustin ^, de passer avec le monde, autre chose de passer du monde pour aller ailleurs. I-e premier, c'est le partage des . pécheurs : malheureux partage, qui ne leur demeure même pas ; puisque, si le monde passe, ils passent aussi avec lui. Le second, c'est le partage des enfants de Dieu, qui, de peur de passer toujours, ainsi que le monde, sortent du monde en esprit, et passent ^ pour aller à Dieu. Domaines, possessions, châteaux ^, pourquoi voulez-vous m'arrêter? Vous tomberez un jour ; ou ^ si vous subsistez, bientôt je ne serai plus moi-même pour vous posséder : adieu ^°, je passe, je vous quitte, je m'en vais, je n'ai pas le loisir d'arrêter. Et vous, plaisirs, honneurs, dignités, pourquoi étalez-vous vos charmes trompeurs? Je m'en vais. En vain vous me demandez encore quel-

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