A, N : de tristesses. — Le mot
pluriel dans cette locution n'est pas 16. A, L : son génie et son carac-
rare dans les manuscrits de Bossuet ; tère.
qu'il cherche toujours la joie, il ne lui arrive jamais de la trouver a son gré ^, c'est-à-dire pure et durable. Salomon a dit, il y a longtemps, que ces deux qualités manquent aux joies de la terre. Le ris ^ sera mêlé de douleur ^ ; les joies du monde ne sont donc jamais pures ^ ; les pleurs suivent de près la joie ; elle ne sera donc jamais durable; et quelque heureux qu'on soit dans le monde, il y a plus d'afflictions que de plaisirs ^. C'est donc là cette tristesse du siècle dont saint Paul nous ^ a parlé.
Mais qu'en a dit ce'' bienheureux Apôtre? La tristesse du siècle produit la mort ^, parce qu'elle vient de l'attachement aux biens périssables. A cette tristesse du siècle saint Paul oppose la tristesse qui est selon Dieu, et qui est le vrai caractère de ses enfants. La tristesse qui nous peut venir du côté du monde, par la perte des biens de la terre ou bien ^ par l'infirmité de la nature, par les maladies, par les douleurs, nous est commune avec les impies ; ainsi ^° ce n'est pas là cette tristesse que le Sauveur donne en partage à ses fidèles, en leur disant : Vous pleurerez. C'est, mes Frères ^^, cette douleur selon Dieu dont il veut parler; et quel en est: le sujet, sinon qu'ordinairement le monde persécuteur fait souffrir ^^ les gens de bien et les tient dans l'oppression? Ajoutons que Dieu, comme un bon père, châtie les justes comme ses enfants, et leur fait trouver leurs maux en ce monde, afin de leur réserver leurs biens dans la vie future. Vous voyez donc ^^ déjà quelque chose de cette tristesse qui est selon Dieu. Soumettez-vous-y, mes chers Frères ^^, soumettez-vous à l'ordre qu'il a établi dans sa famille ; et si, lorsqu'il a résolu de punir le monde, il commence le jugement