DU DISCOURS PRONONCÉ AU SYNODE
5 septembre 1702.
Il est publié par le Journal de Verdun i sous ce titre : ce Extrait du dernier discours de M. Bossuet, évêque de Meaux, dans le dernier synode qu'il a tenu en 1702, en présence de tous les curés de son diocèse. »
« Cet illustre prélat, après avoir fait un discours très touchant sur les devoirs des ecclésiastiques, se leva de son fauteuil, et, plein d'un saint enthousiasme, prononça d'un ton pathétique, tenant de la main droite son bonnet carré, et de la gauche ses cheveux, les paroles suivantes :
Mes très chers Frères, s'écria-t-il, ces cheveux blancs m'avertissent que bientôt je dois aller rendre compte à Dieu de mon ministère, et que ce sera peut-être aujourd'hui la dernière fois que je vous parlerai : je vous en conjure par les entrailles de sa divine miséricorde, ne permettez pas que tout ce que je viens de vous dire devienne inutile dans ma bouche et que le Seigneur puisse me reprocher, lorsque je paraîtrai devant lui, de n'avoir pas rempli envers vous les obligations de mon ministère ; faites en sorte, par votre conduite, que toutes les paroles que je vous ai annoncées dans mes instructions, ne soient point infructueuses. Je prends ce divin Sauveur à témoin que, pendant tout le cours de mon épiscopat, je n'ai jamais eu d'autre intention que de vous faire remplir dignement les devoirs d'un état aussi saint que le vôtre, et d'où dépend le salut des peuples qui vous sont confiés ; j 'espère que vous ne me refuserez pas la consolation que j'attends de vous, et que notre divin Maître ne nous reprochera à l'heure de notre mort,
1. Le Journal de Verdun., de Meaux. Elle fut adressée au curé de
décembre 1766, p. 445. On y trouve Doiie, le 6 octobre 1692 (Voir Ch.
également une lettre de Bossuet Urbain et E. Levesque, Correspon-
envoyée par le chanoine Thomé, de dance de Bossuet, t. V, p. 249 j.