‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 417 sur 538 · TEXTE DU MS · texte numérisé non relu

TEXTE DU MS

TEXTE DE DEFORIS

Probet a. I Cor.

Tout ce qui est saint inspire de la frayeur. Isaïe. Sanctus, etc. Au lieu de : Je suis consolé : Vas mihi... La Vierge Marie.

Probet autem seipsum homo :

a Que Vhomme s^éprouve luimême. »

CLYII. Frayeur qu'inspirent les choses saintes.

Tout ce qui est saint inspire de la frayeur. Isaïe, après avoir oui retentir de la bouche des Séraphins ces paroles : « Sanctus, sanctus. sanctus Dominus Deus exercituum : Saint, saint, saint est le Seigneur, le Dieu des armées » ; au lieu de dire : Je suis consolé ; il s^ écrie: « Malheur à moi qui me suis tu ; parce que mes lèvres sont souillées, et fai vu de mes propres yeux le Roi, le Seigneur : Vas mihi, quia tacui, quia pollutus lahiis ego sum... et Begem Dominum exercituum vidi oculis meis.yy La Vierge Marie est aussi troublée à la voix de Vange qui vient

1. Les additions et amplifications de Deforis sont indiquées par des caractères italiques.

Publié dans le Bulletin de littérature ecclésiastique de r Institut catholique de Toulouse, 1900, p. 3.

Notre épreuve est prévenir le jugement de Dieu. Si nous nous jugions, pas jugés. Saint Paul dans ce chapitre: Le jugement de Dieu pénétrant :

épée de sa bouche ; éclairant : lumière, in lucernis ; accablant : justice : le cordeau à la main.

Cogitavit dissipare Jérusalem. Tetendit funiculum suum.

DEFORIS ET BOSSUET. 595

lui annoncer le grand prodige qui doit s'opérer en elle.

CLYIII. Première épreuve que nous devons faire.

[Il faut d'^ahord s'éprouver sur la connaissance, voir si l'on connaît bien son mal, si Von sent ce que c'est que d'être exclu de la sainte table : c'est l'être du ciel.

Aussi combien grande était la douleur des premiers chrétiens quand ils s'en voyaient séparés.^^

CLIX. Quelle est la fin de notre épreuve: caractère du jugement de Dieu.

Notre épreuve a pour fin de prévenir le jugement de Dieu :

c( Si nous nous jugions, nous ne serions pas jugés... — Or, le jugement de Dieu est pénétrant, car l'épée qui sort de sa bouche entre jusque dans les replis de Vâme; il est éclairant, parce que la lumière de sa vérité dissipe toutes les ténèbres qui pourraient nous couvrir: « Scrutabor Jérusalem in lucernis : Je porterai la lumière des lampes jusque dans les lieux les plus cachés de Jérusalem ; » il est accablant, car il s' exerce dans toute la rigueur d'une justice qui s'avance pour redemander tous ses droits. « I^e Seigneur a résolu d'abattre la muraille de la fille de Sion ; il a tendu son cordeau, et il

1. Cette pensée, mige entre crochets, n'est point tirée de notre canevas de sermon, mais d'ailleurs.

Avant de la rang^er dans les Pensées morales (tome VII), en l'amplifiant légèrement, Deforis l'avait déjà donnée sans la modifier, dans la préface

de son tome lY, p. crx : « S'éprouver sur la connaissance, si on connaît bien son mal ; ce que c'est que d'être exclu de la sainte table, c'est l'être du ciel. Douleur des chrétiens quand ils s'en voient exclus. ))

DEFORIS ET BOSSUET.

La première qualité : Couleur ; la seconde ; confusion ; la troisième : entrer dans le sentiment de la justice de Dieu, s'accabler et se renverser soi-même.

Page 1