VII. — De la Conversion
Au commencement \ les pécheurs disent : Il n'est pas encore temps ; après, ils trouvent qu'il n'est plus temps. Ainsi l'illusion que leur fait une espérance présomptueuse les conduit à une autre illusion encore plus funeste, celle du désespoir. « Ayant perdu tout remords et tout sentiment, ils s'abandonnent à la dissolution, pour se plonger avec une ardeur insatiable dans toutes sortes d'impuretés : Desperantefi semetipsos tradiderunt impudîcitiœ, in operationcm immunditise omnis^. »
Un "^ des obstacles à la conversion des pécheurs, c'est l'espérance de l'impunité. Il doute : Y a-t-il une vengeance? Convaincu qu'il y a un Dieu qui punit les crimes, il commence à mettre la main à l'œuvre. Eh bien ! se dit-il à lui-même, il est temps, convertissons-nous. Il éprouve alors une répugnance de tous ses sens et de sa raison asservie. Au milieu de ce travail, il vient une seconde fois à se ralentir. Eh ! est-il possible, dit-il, que Dieu m'ait si étroitement défendu ce que lui-même m'a rendu si agréable? C'est un père, et non un tyran ; il ne punit que ceux qui ne suivent pas la vertu ; mais il ne met pas la vertu à se contrarier soi-même: au contraire, la vertu étant à faire du bien aux autres, elle ne consiste pas à déchirer son propre cœur. Débouté de cette défense par la raison de la justice de Dieu, à qui tout le mal déplaît, et même celui qui nous plaît, car les désirs irréguliers d'un malade ne sont pas les lois de la nature, son dernier obstacle, c'est le désespoir : Despe-