POUR LA PROFESSION DE MADAME DE LA VALLIÈRE
pez-vous dans ce voile ^ : vivez cachée à vous-même aussi bien qu'à tout le monde ; et connue de Dieu, échappez- vous à vous-même, sortez de vous-même, et prenez un si noble essor que vous ne trouviez de repos que dans l'essence ^ du Père, du Fils et du Saint- Esprit'.
1. Ce voile. C'est le voile noir qu'on donne aux carmélites, au moment de leur profession.
2. Yar. effacée : du repos. L : du repos que dans l'essence éternelle
du Père...
3. Le manuscrit n. a. fr. 1824 ajoute : je veux dire dans l'essence infinie du Père, du Fils et du Saint- Esprit.
à Saint-Germain, devant le Roi, en 1681.
Bourdaloue avait prêché le Carême à la Cour en 1680; si les, anciennes éditions ont assigné cette date au sermon qu'on va lire, c'est sur la foi d'une assertion erronée de l'abbé Ledieu. En 1681, Fromentières, orateur d'une médiocrité fort goûtée, qui avait porté la parole au sacre de Bossuet et à la prise d'habit de M^^ de La Vallière, devait occuper la chaire royale. Il tomba malade, et on recourut, pour le suppléer, à plusieurs sermonnaires, qui se partagèrent la station. Leurs noms font, pour la postérité, vme assez étrange figure à côté de celui de Bossuet : le moins obscur est celui du P. Gaillard, jésuite ; mais qui se souvient aujourd'hui de l'oratorien Hubert, ou de Roquette, évêque d'Autun? Celui-ci, à en croire Bussy-Rabutin i, avait donné, le dimanche des Rameaux, un pitoyable discours; et c'est peut-être un des motifs qui firent effacer à Bossuet ces paroles dans son avant-propos : ce Mettre fin à un ouvrage entrepris par tant de fameux prédicateurs. »
Ce sermon pour le jour de Pâques (IV^ des éditions) est un des plus importants, même parmi ceux que le grand orateur a prononcés devant la Cour. Il est rédigé avec un soin insolite 2. Aucun des manuscrits antérieurs n'est à ce point surchargé de ratures. Nous donnerons un grand nombre de premières rédactions effacées. Elles nous ont paru intéressantes et instructives, surtout pour les prédicateurs. Dans une édition spéciale, faite dans un but de curiosité philologique, on pourrait reproduire toutes les hésitations de la plume de l'auteur 3, même les plus insignifiantes. Ici, ce serait déplacer l'intérêt. I^a tâche que nous nous sommes imposée n'est autre que de faire apparaître dans leur expression exacte et sincère les pensées et les sentiments.
On remarquera, vers la fin du second point, de nobles paroles sur l'intervention laïque dans les nominations épiscopales. Jadis Vincent de Paul, consulté assidûment par Anne d'Autriche, avait exercé sur ce point une influence des plus salutaires. Mais le saint prêtre était mort depuis vingt ans, et les abus avaient reparu. Il est glorieux à Bossuet de s'y être opposé à son tour.
1. Peut-être exagère-t-il l'échec, marge d'un quart sevilement. en écrivant à une princesse (Made- B. Encore faudrait-il avertir qu'il
moiselle de Montpensier) dont il con- y a en tout dans les sermons de
naissait l'aversion pour ce prélat ÏBossuet deux manuscrits dont le
(17 avril 1681). texte disparaît à ce point sous les