DEUXIÈME PARTIE
BUi*facé conlnie le terme de la surface, et la surface dans le solide comme le terme du solide. Mais cela n'empêche pas que l'étendue ne se divise en ligne, surface et solide, parce qu'on ne peut pas dire que la ligne soit surface, ni la surface solide. On ne peut pas , au contraire , diviser le nombre en pair , impair et carré , parce que tout nombre carré étant pair ou impair , il est enfermé dans les deux premiers membres.
On ne doit pas aussi diviser les opinions en vraies , fausses et probables , parce que toute opinion probable est vraie ou fausse. Mais on peut les diviser premièrement en vraies et en fausses, et puis diviser les unes et les autres en certaines et en probables''*.
Ramus et ses partisans se sont fort tourmentés pour montrer que toutes les divisions ne doivent avoir que deux membres. Tant qu'on peut le faire commodément, c'est le meilleur; mais la clarté et la facilité étant ce qu'on doit le plus considérer dans les sciences, on ne doit pas rejeter les divisions en trois membres, et plus encore, quand elles sont plus naturelles, et qu'on aurait besoin de subdivisions forcées pour les faire toujours en deux membres : car alors, au lieu de soulager l'esprit, ce qui est le principal fruit de la division, on l'accable par un grand nombre de Subdivisions, qu'il est bien plus diflBcilede retenir, que si tout d'un coup on avait fait plus de membres à ce que l'on divise. Par exemple, n'est-il pas plus court, plus simple et plus naturel de dire : Toute étendue eM, ou ligne, ou surface, ou solide, que de dire comme Ramus : Magnitudo est linea vel lineatum : lineatum est superficies vel soli^ duniT^?
Enfin, on peut remarquer que c'est un égal défaut de ne faire pas assez et de faire trop de divisions ; l'un n'éclaire pas assez l'esprit, et l'autre le dissipe trop. Grassof^, qui est un philosophe estimable entre les interprètes d'Aristote , a nui à son livre par le trop grand nombre de divisions. On retombe par là dans la confiision que l'on prétend éviter : confusum est quidquidinpulve" rem sectum esf^*.