‹ Œuvres philosophiques d' Arnauld, comprenant les Objections contre les Méditations de Descartes, La logique de Port-Royal, le traité Des vraies et des fausses idées et des notes et une introductionChapitre 123 sur 257 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Car, si elles étaient toutes deux affirmatives, le moyen, qui est toujours attribut, serait pris deux fois particulièrement contre la première règle générale.

RÈaLE II. n faut que la majeure soit universelle.

Car, la conclusion étant négative, le grand terme ou l'attribut est pris universellement. Or, ce même terme est sujet de la majeure : donc il doit être universel, et, par conséquent, rendre la majeure universelle.

Démonstration.

QuHl ne peut y avoir que quatre modes dans la seconde figure.

Des dix modes concluants, les quatre aflSrmatifs sont exclus par la première règle de cette figure , qui est que l'une des prémisses doit être négative.

0, A, 0, est exclus par la seconde règle, qui est que la majeure doit être universelle.

E, A, 0, est exclus par la même raison qu'en la première figure, parce que le petit terme est aussi sujet en la mineure.

II ne reste donc de ces dix modes que ces quatre :

2 Généraux. } ?' ^' ^' 2 Particuliers. ( ?' î» ^' lA, E, E. (A, 0,0.

Ce qu'il fallait démontrer.

On a compris ces quatre modes sous ces mots artificiels.

Ce- Nul menteur ri^est croyable :

SA- Tout homme de bien est croyable : RE. Donc nul homme de bien n^est msnteur.

Ca- Tous ceux qui sont à Jésus-Christ crucifient leur chair : MES- Tous ceux qui mènent une vie molle et voluptueuse ne cru^

cifient point leur chair :

TRES. Donc nul d'eux n^est à Jésus-Christ.

Fes- Nulle vertu n'^est contraire à Vamour de la vérité :

Ti- Il y a un amour de la paix qui est contraire à Vamour de

la vérité :

NO. Donc il y a un amour de la paix qui n'est pas vertu.

Ba- Toute vertu est accompagnée de discrétion :

KO- Il y a des zèles sans discrétion :

co. Donc il y a des zèles qui nejsont pas veHu.

in • LOGIQUE.

Fondement de la seconde fleure.

Il serait facile de réduire toutes ces diverses sortes d'arguments à un même principe par quelques détours ; mais il est plus avantageux d'en réduire deux à un principe, et deux à un autre, parce que la dépendance et la liaison qu'ils ont avec ces deux principes, est plus claire et plus immédiate.

Principe des arguments en Cesare et FesUno.

Le premier de ces principes est celui qui sert aussi de fondement aux arguments négatifs de la première figure; savoir, que ce qui est nié (Tune idée universelle, est aussi nié de tout ce dont cette idée est affirmée , c^est-à-dire de tous les sujets de cette idée : car il est clair que les arguments en Cesare et Festino, sont établis sur CQ principe. Pour montrer, par exemple , que nul homme de bien n'est menteur, j'ai affirmé croyable de tout homme de bien , et j'ai nié menteur de tout homme croyable, en disant que nul menteur n'est croyable. Il est vrai que cette faconde nier est indirecte, puisqu'au lieu de nier menteur de croyable, j'ai nié croyable de menteur : mais comme les propositions négatives universelles se convertissent simplement en niant l'attribut d'un sujet universel, on nie ce sujet universel de l'attribut.

Cela fait voir néanmoins que les arguments en Cesare sont, en quelque manière, indirects, puisque ce qui doit être nié n'y est nié qu'indirectement ; mais, comme cela n'empêche pas que l'esprit ne comprenne facilement et clairement la force de l'argument, ils peuvent passer pour directs, entendant ce terme pour des arguments clairs et naturels.

Cela fait voir aussi que ces deux modes Cesare et Festino ne sont différents des deux de la première figure, Celarent et Ferio , qu'en ce que la majeure en est renversée; mais quoique l'on puisse dire que les modes négatifs de la première figure sont plus directs, il arrive néanmoins souvent que ces deux de la deuxième figure qui y répondent sont plus naturels, et que l'esprit s'y porte plus facilement; car, par exemple, dans celui que nous venons de proposer, quoique l'ordre direct de la négation demandât que l'on du : Nul homme croyable n'est menteur, ce qui eût fait un argument en Celarent , néanmoins notre esprit se porte naturellement à dire que nul menteur n'est croyablQ.

Principe des arguments en Camestres et Baroco.

Dans ces deux modes le moyen est affirmé de l'attribut de la

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