CHAPITRE XXV
selon cet auteur, les choses matérielles , c'est-à-dire « en V nous découvrant ce qui est dans lui qui les représente. »
2°. Si nous pouvons voir par des idées claires les choses matérielles singulières, comme le soleil, du feu, de Teau, un cheval, un arbre , on ne comprend pas pourquoi nous ne pourrions pas voir de même par des idées claires les âmes des autres hommes. Gac je ne vois point d'une simple vue la substance du soleil , mais par des jugements que j'en fais , sur le rapport de mes sens , qui me font apercevoir quelque chose de fort élevé dans le ciel, fort lumineux et fort ardent. Je juge de même sur le rapport de mes sens que des corps semblables au mien s'approchent de moi , et cela me porte à croire que ce sont des corps humains ; mais , quand je leur parle et qu'ils me répondent , et que je leur vois faire un grand nombre d'actions qui sont des marques infaillibles d'esprit et de raison , j'en conclus bien plus évidemment que ces corps , semblables au mien , sont animés par des âmes semblables à la mienne , c'est-à-dire par des substances intelligentes , distinguées réellement de ces corps , que je ne conclus qu'il y a un soleil , et ce que c'est que le soleil. Et ainsi je sais cela aussi certainement pour le moins que tout ce que je sais du soleil , ou par les observations des astronomes, ou par les spéculations de M. Descartes.
Or, je suis persuadé , comme j'ai dit dans les chapitres précédents , qu'au regard des connaissances naturelles , c'est la même chose de connaitre un objet certainement et de le connaître par une idée claire, soit qu'on le connaisse d'une vue simple , ou que ce ne soit que par raisonnement , puisque autrement les géomètres ne verraient presque rien par des idées claires , puisqu'ils ne connaissent presque rien que par raisonnement.
Et ainsi je ne trouve point mauvais que l'on dise que nous ne connaissons que par conjecture les âmes des autres hommes , pourvu que , d'une part , on prenne généralement le mot de conjecture pour ce qui est opposé à Ja simple vue,
sas BB TEAieS ET BES FAUSSES IDÉES.
et qn'oi l'éleBdp à tout œ que Fin oonoait par raisonnenent et par les ât^monâtiatiois mèaues fesf^us certaines, et que, de Taiitre, on ne s aille pas isagin^ qu'on ne voit pciinl par des idt?es chaires ce que Ton oonnait par raisonne- ■lent, comme qoel^ques adversaires de M. Descartes Font Toulu prêlenire sans raison ^ pour avrâ* plus de moyen d'affaiblir ses dêiDC»nè4ralk»ns de Tesisteiice de Dieu et de Timmorlaliié de Tâme, fondées sur les idées de Ton et de l'autre.