‹ Œuvres philosophiques de Antoine Arnauld;Chapitre 6 sur 159 · INTRODUCTION. XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XV

des idées supérieures aux réalités concrètes , et qui en sont en quelque sorte les essences étemelles. Son seul tort est de ne pas distinguer sufiBsamment l'élément étemel de la connaissance, et celui qui nous vient uniquement des sens et de la matière.

Ces idées étemelles qui ne sont ni des formes de l'esprit humain, ni l'expression des lois de la nature, ni des sub- . stances existant à part, mais qui , selon Malebranche , ré* sident en Dieu , qui est le lieu des intelligibles , quelle est enfin leur nature? On ne peut admettre dans le systèmede Malebranche que Dieu soit modifié par le fini , ni qu'il en* ferme formellement dans sa propre substance le multiple et le divisible. De graves difficultés naissaient de cette présence des idées en Dieu : Malebranche ne s'est pas toujours tenu dans la même solution. Tantôt il semble entendre la connaissance que Dieu a des choses, comme on entend d'ordinaire la connaissance que l'esprit humain a de son objet; puis il renonce à cette explication dans la crainte de subor* donner l'idée à son objet , et il a recours à l'étendue intelligible. Mais cette étendue intelligible est-^le Dieu même, ou une idée de Dieu ? Et cette idée est-elle une modification de Dieu ou une substance contenue dans sa substance? Maie» branche à cette question :« Dieu est-il l'étendueintelUgible?» répond ouvertement : « Oui , car tout ce qui est en Dieu est Dieu même. » Ailleurs, il dit seulement qu'elle est en Dieu, et repousse cette identité entre Dieu et l'étendue. Il dit en général des idées : « Quand même il serait vrai qu'elles ne seraient que des êtres bien petits et bien méprisables, ce sont pourtant des êtres et des êtres ^irituels. ^ » Et

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