DEUXIÈME PARTIE. — CHAP. XIX
vfira des plus mal fondées; il conclura qu’unê' cliosc n’est, poini, seulement parce qu’il n’en ])out avoir l'idée : c’est la conséquence d’<in homme né aveugle qui nie les couleurs, parce ipi’avec tout l'elTort de son esprit il n'en peut trouver ni apercevoir l’idée.
.318. Pour nier donc avec quelque fondement que Tüme est incapable de remuer un corps, il faudrait être bien certain que nous avons une idée claire, totale et complète de toute la nature de l’àme , et que nous connais.sons son essence intime et réelle autant qu’elle peut absolument être connue. Or, c’est ce qui n’est pas, et tout le monde en convient. Les hommes sont porU*s invinciblement à juger vraies bien des choses dont ils ne peuvent connaître la nature ni l’essence. Nous ne pouvons cennaître la manière de l’union de notre ûme avec notre corps ; en conclurons-nous pour cela que cette union n’existe point? A quoi ne nous conduirait pas ce raisonnement? Combien est-il plus judicieux d’admettre, conformément à l’expérience , la réalité et l’existence de mille objets où nous ne comprenons rien? Un sentiment répandu par la nature dans tous les hommes étant un guide sûiv n’allons point quitter sa lumière jiour suivre nos illusions.