CHAPITRE XXVI
Du tout et des parties.
.3(U. Il ne s’offre ici que des mots à expliquer et qui suplK)sent communément l’explication l’un de l’autre. Un tout, dit-on , est un anuts de parties: et si l’on demande ce que c’est (pie parties, on dit que c’est ce qui fait ou contribue à faire un tout. Ainsi ([uand on dit que le tout est plus grand que sa partie, pourvu qu’on entende 1a signification des deux mots tout cl partie, la chose estcontuie d’abord, car c’est là le jihis simple exercice du jugement que nous puissions faire, et comme si nous disions: Telle chose est telle chose et non autre chose. Dans un objet, nous appelons tout ce qui est de plus grand , et nous appelons partie ce qui est de moins grand ( N. 85). De même quand on dit : Les parties prises ensemble égalent le tout, c’est-à-dire telle chose est telle chose; car les parties réunies ou prises ensemble sont précisément ce qui s’appelle le , tout, et le tout n’est ([ue les parties prises ensemble, ou si l’on veut un amas de parties.
365. On peut observer à cette occasion que chaque objet ]>eut à notre gré être ou n’ètre pas tout et partie, et peut de même être tout ou partie : le regardant en ce qu’il a de plus grand il est un tout, et le regardant par ce qui n’y est pas do
DEUXltME PARTIE. — CHAP. XXMl.
plus grand il est dit partie. D’ailloui-s, ce (jui est partie dans un objet se trouve souvent un tout par rapport à un autre objet. La France est tout par rapjwrt à la Picardie, et par rapport cà l’Europe elle n’est (pj’une ])artie. Ces choses s(! conçoivent si nettement, qu’en les expliquant on ne peut trouver qu’à peine des expressions qui répondent à la netteté fie leur idée, ce qui a fait croire à certains philosophes que ces chosf's étaient incompndiensibles, parce qu’elles étaient inexplicables; au lieu qu’il fallait dire qu’elles étaient inexplicables, j)arce qu’elles étaient comprises d’une manière plus claire que toute explication.