ACTE I, SCÈNE VI
Qu'on ne laisse monter aucune àme là-haut.
Fais porter cette lettre à la poste du Maine.
Prends-moi dans mon dapier trois lapins de garenne * ,
Et chez mon procureur porte-les ce matin.
Si son derc vient céans , fais-lui goûter mon vin.
Ah! donne-lui ce sac qui pend à ma fenêtre.
Est-ce tout? n viendra me demander peut-être
Un grand homme sec , là^ qui me sert de témoin^
Et qui jure pour moi lorsque j'en ai besoin :
Qu'il m'attende. Je crains que mon juge ne sorte :
Quatre heures vont sonner. Mais frappons à sa porte.
PETIT-JEAK^ entr'ooTrant la porte.
Qui va là?
GHICANEAU.
Peut-on voir monsieur?
PETIT-JEAN^ fermant la porte.
Non.
CHIGANEAU ^ frappant à Uporte.
Pourrait-on Dire un mot à monsieur son secrétaire?
PETIT-JEAN^ fermant la porte.
Non.
CHIGANEAU^ frappant à la porte.
Et monsieur son portier ?
PETIT-JEAN
C'est moi-même.
cmcANEAtr. .
De grâce,
I»ar lasoèoe piécédeate, où Ton a peint le persooaage ; c'est une imitation de rentrée du Tartuffe, et. Molière lui-même en avait pris Tidée dans Tér^ice. Gbaque vers de Chicaneau est un trait de caractère aussi juste que {faisant; tout le dialogue de ce plaideur avec le portier est d*nne Téritô parfaite : c'est Tesprit et le ton de Molière. (6.) I Târ. Prends-moi dans oe clapier trdis Upiu de ffireune.
Buvez à ma santé , monsieur.
PETIT-JEAN^ prenant l'arfient.
Grand bien vous fasse !
( fermant la porte. )
Mais revenez demain.
CHIGANEAU.
Hé^ rendez donc l'argent.
Le monde est devenu ^ sans mentir^ bien méchant. J'ai vu que les procès ne donnaient point de peine : Six écus en gagnaient une demi-douzaine. Mais aigourd'hui, je crois que tout mon bien entier Ne me suffirait pas pour gagner un portier. Mais j'aperçois venir madame la comtesse De Pimbesche. Elle vient pour affaire qui presse.