ACTE II, SCÈNE IIÏ
Hais un homme ici parle à ma fille! Comment? Elle lit un billet? Ah ! c'est de quelque amant. Approchons,
ISABELLE
Tout de bon, ton maître est^il sincère? Le croirai-je?
l'intimé.
Il ne dort non plus que votre père.
( aperccTaot Chicaneaa. )
Il se tourmente; il vous... fera voir aujourd'hui Que Ton ne gagne rien à plaider contre lui.
ISABELLE, apereeYaHt chicaneaa.
C'est mon père!
(àrintimé.)
Vraiment, vous leur pouvez apprendre Que si Ton nous poursuit nous saurons nous défendre.
',diehiraatlebUl«t.;)
Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit.
CHICANEAU
Comment! c'est un exploit que ma fille lisoit*?
Ah 1 tu seras un jour l'honneur de ta famille :
Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille*.
Va , je t'achèterai le Praticien français.
Mais, diantre! il ne faut pas ^^chirer les exploits.
ISABELLE, àrintimè
Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère :
' Lisùit ne Tïme qu'aux yeux avec exploit. Trois vers plus bas, le mot fran^^ otfîre une négligenoe du même gem». Ces rimes étaient encore souffertes sous Louis XIV, et Ton en tarouve quelques exemples dans Boileau. Cependant la pronondatûm de la diphtbongae oi avait déjà changé dans le mot français. C'est sous le règne de Catherine de Médias que la langue éprouva cette variation. Les Italiens, dont la cour était inondée, prononçaient le mot français avec le son de Ye ouvert, et bientôt cette prononciation devint génàrale«t pana à d*autres mots.
' Parodie de ce vers du Ciit,oùdon Diègne dit à son fils ( acte I, se. VI. ) :
Vi^ns , mon fils , viens , mon sang ; viens réparer ma honte.
Ils me feront plaisir; je les mets à pis faire.
GHICANBAU.
Hé! ne te fâche point.
ISABELLE^ à l'Intimé.
Adieu, monsieur.