POVR MADAME DE ROHAN
Ses beaux yeux qui donnoient le iour, Et ses beaux cheueux d'où l'Amour Empruntoit si souuent des armes Et des chaines pour nous lier, Auroient-ils eu si peu de charmes Qu'on te les peust faire oublier ?
Aussi ne le veux-ie pas faire, Ny par vne erreur volontaire Encourir le iuste remord Dont i'aurois l'Ame trauersee.
Si par vne seconde mort le l'esteignois en ta pensée.
Tu dois donc auec iugement Refuser tout allégement, Et croire que tout le remède, Oui t'offre de la guarison En la douleur qui te possède, Ne peut estre que du poison.
RECIT D'AMPHYON^
Ie suis cet Amphyon, la merueille du monde. Si vous doutés quelle est la douceur de mes sons, Consultés ces escueils sortis du sein de Tonde Pour suiure mes chansons.
Quelle honte, ô mortels, que le Ciel qui contemple Des belles actions le courage abatu, Suscite des rochers pour vous seruir d'exemple 8 A chérir la vertu.
Ma lire violant les loix de la nature. Anime ces escueils charmés de ses appas, Voudriés vous reuestus dVne escorce plus dure, 12 Ne les imiter pas ?
Dieux est-ce enchantement ! ou chose véritable. Quel miracle est-ce cy ! mes accends les plus doux Attirent des rochers, dont le chant est capable i6 De me rendre ialoux.