LE PETIT MÉNAGE DU PÈRE
Le blason du coussin de laine, Tout reprend de vives couleurs.
Et tandis qu'on passe et repasse, Sur mes genoux, en fredonnant, On revient, et vite on embrasse Le front du père rayonnant.
Moi, j'ai vu fuir, sous ces doigts d'ange, Les spectres de ma longue nuit; Mon esprit goûte un calme étrange Dans la chambrette qui reluit.
Il ne reste en mon âme entière Plus une crainte et plus un deuil, Pas plus qu'un seul grain de poussière Sur le bois de mon vieux fauteuil.
Durant tout ce petit ménage Qu'on achève avec tant d'amour.
Le poète a repris courage Pour son labeur de chaque jour.
Avec mes douces visiteuses, Chez moi, le soleil et l'espoir, La verve et les rimes heureuses.
Tout revient pour jusqu'à ce soir.
Il m'est resté de leur passage,
— A moi qui me sentais si vieux, —
Avec la fermeté d'un sage,
Les ardeurs d'un jeune amoureux.
itfO LE LIVRE d'un PÈRB.
J'ai retrouvé toute ma flamme Et toute ma sérénité...
Et je bénis, du fond de l'âme, Les Muses qui m'ont visité.
Juin 1876.