REMORDS
Je me sens au cœur un remords, £t je le confesse à voix haute.
Je n^aî pas fait tout mon devoir Envers ces âmes généreuses :
J'aurais pu, dans l'humble manoir.
Les rendre ici-bas plus heureuses ;
Si ma bouche eût dit seulement La moitié des tendres pensées Qui, du fond de mon cœur aimant, Leur étaient tout bas adressées ;
S'ils avaient vu, dans leurs douleurs, Quand je composais mon visage, Jaillir quelques-uns de ces pleurs Dont j'arrose ici leur image ;
Si toujours, sans leur rien celer.
Sans retenir une caresse, Près d'eux j'avais su mieux parler Le langage de ma tendresse.
Mais, hélas ! je gardais mon cœur Muet en leur douce présence.
Et je gâtais notre bonheur En les aimant trop en silence.
Faites mieux, mes petits chéris, Soyez meilleurs que moi, de grâce!
Ouvrez-moi vos jeunes esprits.
Dites-moi tout ce qui s'y passe.
ipS LE LIVRE d'un pIre.
Votre amour n'est pas un secret ; Qu'il me parle et que je le voie !
Plus tard vous auriez le regret De m'avoir privé d'une joie.
Parlez-moi, ne me cachez rien ; Vous n'avez pas peur, je l'espère!
Jamais, quand il vous aime bien, On ne parle assez à son père.
Juin 187$.