VI
2a<S LE tlVRE d'un PÈRE.
Si ce jour-là je vous ejnbrasse.
Dorés, brûlés par le soleil; Et si vous rentrez à la classe L'œil brillant et le teint vermeil ;
Si le sang, plus pur dans vos veines, Echauffe des cœurs plus ardents; Si vos lèvres sont toutes pleines De joyeux récits débordants ;
Si, dans vos jeux, dans vos querelles, Aux yeux du vaincu, du vainqueur, Je vois jaillir ces étincelles Qui promettent l'homme de cœur;
Pour vous faire une âme plus pure, Un cœur sans haine et sans effroi, Si là-haut la grande nature Fut un meilleur maître que moi...
Libre, alors, de l'inquiétude Dont ces longs jours sont obsédés.
Je bénirai ma solitude Et Dieu qui vous aura gardés.
Septembre 1873.