STROPHE II
Que tant d'opprimés expiraDS Aillent aux cîeux réveiller le Supplice;
Que sur ces monstres dévorans
Son bras d'airain s'appesantisse; Qu'ils tombent: à l'instant vois-tu leurs noms Qétris, Par leur peuple vénal leurs cadavres meurtris, Et pour jamais transmist^ii la publique ivresse
Ta louange avec leur bassesse?
Mais, si Mars est pour eux, leurs vertus, leurs bienfaits
Sont béais de la terre entière; Tout s'obscurcit auprès de la splendeur guerrière: Elle éblouit les yeux, et sur les noirs foriaits
Etend un voile de lumière.
Arrri-STROPHE u.
Dès-lors l'Étranger étonné Se tait avec respect devant leur sceptre immense;
Leur peuple à leurs pieds encbaîné,
Vantant jusques à leur clémence, Nous voue à la risée, à l'opprobre, aux tourmens: Nous, de la vertu libre indomptables amans!
Humains! lâche troupeau... Mais qu'importent au Sage
Votre blâme , votre suffrage , Votre encens, vos poignards, et de flux en reflux
Vos passions précipitées?
It nous faut tous mourir : à sa vie ajoutées
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Au prix du déshonueur, quelques heures de plus Lui sembleraient trop achetées.
Lui, grands Dieux! courtitan luenteur^ De sa raisos céieste abandonner le faîte,
Pour descendre à votre hauteur!
£n lui-même affermi, comme l'antique athlète.
Sur le sol où son pied s'arrête, Il reste inébranlable à tout effort mortel, Et laisse avec dédain ce vulgaire imbécile ,
Toujours turbulent et servile, Flotter de maître en maître et d'autel en auteh
OBE III.
firsuiCE, moo berceau! jamais tes janissaires
Du Musulman paisible ont-ils forcé le seuii?
Vont-ils jusqu'en son lit, nocturnes émissaires,
Porter l'épouvante et le deuil?
Son harem ne connaît, invisible retraite.
Le choix, ni les projets, ni le nom des Vîsîrs;
Là, sûr du lendemain, il repose sa tête.
Sans craindre au sein de ses plaisirs.
Que cent nouvelles lois , qu'une nuit a fait naître Déjuges assassins un tribunal pervers, liBucent sur son réveil, avec le nom de traître, La mort, la ruine, ou les fers.
Tes mœurs et ton Coran sur ton Sultan farouche Veillent, le glaive nu, s'il croyait tout pouvoir; S'il osait tout braver, et dérober sa bouche Au frein de l'antique devoir.
Voilà donc une digue où la Toute-puissance Voit briser le torrent de ses vastes progrès ! Liberté , qui nous fuis , tu ne fuis point Bysance ! Tu planes sur ses minarets!