ESSAIS SUR LA RÉFORME CATHOLIQUE
P. 100, au lieu de infériorise, mot de sa création, l'auteur met infériore. Cela est conforme à l'analogie de extériorer, autre verbe par lui employé.
P. iil, parlant de la constitution civile du clergé, Tauteur avait dit : « La Révolution française extirpe tous les abus qu'elle peut atteindre sans le concours des sacerdotes; » il corrige ainsi : « La Révolution française extirpe tous les abus qu'elle peut atteindre dans le gour vernement ecclésiastique. »
P. 189 : « M. Dupanloup, malgré son enthousiasme marianique, se borne à considérer a Marie comme un u commencement de Jésus-Christ et de la sainte huma- « nité du Rédempteur*. » Mais les allures seront bientôt plus décidées, et les ménagements cesseront, » Passage prophétique, que l'auteur put bientôt modifier et compléter en ces termes : « M. Dupanloup, malgré son enthousiasme marianique, ne dit pas que Marie est Jésus-Christ, ce serait encore un peu trop fort; il se borne à considérer « Marie comme un 'commencement « de Jésus-Christ et de la sainte humanité du Rédemp- « teur. » Mais les allures seront bientôt plus décidées, les ménagements cesseront. Quelques mois après que ceci était écrit , ils avaient effectivement cessé , et le P. La\igne disait , devant le légat Patrizzi et douze évêques, que la a Vierge et Jésus-Christ c'est tout un. »
J'ai trouvé, comme pièce justiQcative , dans les cartons de Bordas , le Discours prononcé à Notre-Damedes-Victoires devant S. É. le cardinal- légat, le di-
\, Instr. pastor. sur l'Immac. Concep., p. 60.
manche 22 juin 1856, par le R. P. Lavigne, de la compagnie de Jésus. Paris , chez Dourîiol , 1856. Il faudrait citer en entier cette étonnante pièce ; les passages suivants en donneront au moins quelque idée :
« Qu'il me soit permis, saints pontifes, de vous remercier solennellement... Comment ne pas être à vos pieds, quand vous êtes aux pieds du suprême Pontife, et ne pas recevoir votre parole comme la parole de Dieu, quand vous recevez la sienne comme la parole de Jésus-Christ ^ ?. . .
« L'Ecriture semble s'interpréter dans le verset suivant : « Rappelez-vous Abraham, votre père, et Sara « qui vous a enfantés. » Et en traduisant : « Rappelez- « vous Jésus -Christ vivant dans son Vicaire, et l'au- « guste Marie qui a enfanté l'Église. » Jésus-Christ ET Marie , comme Arraham et Sara , ne font qu'une SEULE et même chose : unum vocavi eum; henedixiei et multiplicavi eum. La vocation de Jésus-Christ, c'est la vocation de Marie. La bénédiction de Jésus-Christ, c'est la bénédiction de Marie ; et la fécondité de Jésus- Christ, c'est la fécondité de Marie.
« J'ai donc le bonheur de voir en ce moment l'Eglise prosternée devant Marie comme devant sa mère. Toute sa force, toutes ses consolations, toutes ses grâces, lui viennent par Marie^... Ah! combien la présence de tous
ces pontifes , réunis autour de l'auguste envoyé , me rappelle vivement celte circonstance solennelle, et si voisine de nous , lorsque de tous les points du monde catholique, les évoques , répondant à la voix du prince des pasteurs, formaient autour de lui la plus brillante couronne! Quelle majesté, quelle grandeur environnaient alors l'immortel Pie IX! Mais toute sa puissance, il l'a mise ce jour-là au service de Marie. Jamais son infaillibilité ne fut plus incontestable et plus incontestée. Il en paraissait lui-même jaloux. Seul il décide, seul il prononce*...
« En ce jour-là Pie IX n'était pas seulement un pontife, mais il était encx)re un prophète : tous les voiles de l'avenir se déchiraient devant lui... Il apercevait, dans un temps qui ne peut être éloigné , la paix du ciel s'unissant à la paix de la terre , et l'auguste Marie reconnaissant par des bénédictions et des grâces choisies ce nouvel hommage, le plus cher à son cœur immaculé.
« Depuis ce grand jour, nous attendons... Ne pouvons-nous pas dire qu'il est temps de sommer Marie d'être fidèle? C'est elle qui inspirait le pontife; c'est le pontife, hautement représenté, qui la conjure ici de vérifier l'oracle 2..,
« 0 Marie, sauvez-nous... Sans vous, plus d'espé-
rance^... Vous seule, ô Marie, pouvez nous consoler, vous seule pouvez réparer toutes ces ruines, consolati' bur omnes ruinas Sion. Oui , par votre divine puissance, de nos campagnes vous pouvez faire encore un lieu de délices ^I.,.
a La paix est faite dans le monde matériel... Que reste-t-il, sinon que Marie établisse encore la paix dans les âmes? Je ne comprendrais pas qu'elle eût donné cette première paix, si ce n'était un symbole. Le règne dei Marie , comme celui de son Fils , n'est pas de ce monde... Si donc elle pacifie les choses du temps, c'est qu'elle veut nous apporter aussi la paix étemelle. 0 Marie , tout est préparé pour ce grand triomphe de votre maternelle bonté * ! . . .
<( Ne laissons pas s'écouler cette journée sans nous consacrer tous au Cœur Immaculé de Marie. Ces Évoques et ce Prince-Pontife se chargent de porter aux pieds de notre Mère le nouveau serment de notre inviolable fidélité ^. . .
« Si nous honorons le Cœur de Marie, elle nous conduira au Cœur de Jésus; car, encore dne fois, Jésus ET Marie ne font qu'un... Oh ! si à côté de ce monument consacré à la gloire du Cœur de Marie allait s'éle-
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ver un temple auguste en l'honneur du Cœur de Jésus! Paris est la ville des grandes choses *. . . Par le Cœur de Marie nous irions au Cœur de Jésus, et la glorification de ces deux Cœurs, éternellement unis, réaliserait à la
fois toutes les pensées et toutes les espérances de l'Église 2. ),
On a quelquefois taxé de violence le langage de Bordas stigmatisant les attentats du pharisaïsme ; mais les paroles qu'on vient d'entendre, et qui ne sont point un scandale isolé, ne sufiiraient-elles pas à le justifier? N'attestent-elles pas en particulier la rigoureuse vérité de ce qu'il disait tout à l'heure, que « le jésuitisme a pour mission de corrompre l'Evangile et de chasser de la terre la vérité chrétienne ? » Non , la postérité chrétienne ne pourra croire à un tel délire. Et pourtant il est quelque chose de plus incroyable encore, c'est que ces folies sacrilèges passent sans exciter ni réclamation ni surprise.
P. 209 : « Si les sens et les organes ne peuvent disparaître, il faut que leur domination soit abolie; que l'amour divin ou la charité y règne seule et y enfante une vie cachée en Dieu, 'comme Test celle de Jésus- Christ dans l'eucharistie. » Passage ainsi modifié par l'auteur : « Si, dans le chrétien, les sens et les organes ne peuvent disparaître, il faut que leur domination y
NOTES. m
soit abolie ; que Tamour divin ou la charité règne seule en lui et y enfante, etc. »
P. 272. Après avoir dit que « l'Assemblée constituante , composée des trois ordres , le clergé , la noblesse et le tiers état , représentait l'Église gallicane, comme les autres assemblées depuis l'origine de la monarchie,,., et avait le droit de faire tout ce que peut faire une Église nationale, » l'auteur ajoute : « On pourrait même soutenir que , composée de laïques seulement, elle aurait eu le droit de rétablir l'ancienne discipline, qui est la véritable; bien plus, une assemblée non catholique ou un gouvernement , sur la réclamation des catholiques, en aurait eu le droit. »
P. 423. Le commencement du dernier alinéa, continué à la page suivante , est ainsi modifié : « Le christianisme se compose de deux parties : de la loi naturelle et de la révélation. La révélation doitr-elle remplacer la loi naturelle ou lui servir d'appui? En d'autres termes, Jésus-Christ est-il venu pour détruire cette loi ou pour l'accomplir? Il déclare que c'est pour l'accomplir, c'està-dire pour la faire véritablement régner dans les ac^ tions et dans le cœur. Ainsi la révélation est un secours à la raison et à la volonté , et nullement une domination. Toutes les fois donc que le pontife se fait dominateur, il attente à la réparation chrétienne. Mais qui réprimera cet attentat? Sera-ce, etc.? »
P. 431, à la fin du premier alinéa, ligne 11 , l'au-
teur ajoute : « Ne pas recevoir la bénédiction nuptiale peut être un péché qui exige une pénitence , mais ne saurait infirmer l'union matrimoniale. »