‹ Œuvres posthumes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre (volume 2)Chapitre 192 sur 213 · LES PALMBS ET LE TRONC DU PALMIEB · texte numérisé non relu

LES PALMBS ET LE TRONC DU PALMIEB

Le palmier, le plus élevé des arbres Anilien , portait autrefois, comme les antres arims, ses fruits dans ses rameaux. Unjonr les palmes, fitecs de leur déntiofl ei de leurs ridMsses, dirent k leur tronc : ■ Nos fraits srat la joie dn dtert, et nos B feaiUages toujours verts en sont la glwre. Cest

■ sur DODS que les caravanes dans les plaines , et

■ les vaisseaux le long des rivages, riiglentleur > cours. Nons nous élevons si haut , qoe le soleil Il nous éclaire avant son aurore , et même après u son coucher. Nous sommes les Olles du ciel ; » nous vivons le jour de sa lumière , et la nuit de H ses rosées. Pour vous, enbnt obscur de la (erre, » vous nebuvez que des eaux souterraines, et vous i> lie respirez que sous nos ombrages : votre pied » esttoujourscaché dans les sables; votre tige n'est " couverte que d'une écorce grosaère; et si votre » teie («ut prétendre à quelque honneur, ce n'est >• qu'à celui de nous porter. » Le tronc leur répondu : B Filles ingrates ! c'est moi qni vous ai donne » la naissance, et c'est du sein des sables que ma « sève vous nourrit , engendre vos fruits pour me » reproduire, et vous élève vers les cieux pour les » conserver .- c'est ina fbrce qui préserve , à celte » liauteur, votre faiblesse de la fureur des vents. <• A peine il avait parlé, qu'un ouragan, sorti de la mer des Indes, vint ravager la contrée, l-es pahnes .se renversent , se redressent , se froissent les unes contre les autres, et se dépouillent en gémissant de leurs fruits. Cependant le tronc tient bon; il n'est aucune de ses racines qui ne tire et ne soutiennedn sein delà terre les palmes agitées au haui des airs. Le calme revenu, les palmes, qui n'avaient

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pin que des feuilles, offrirent à leur Irooc de mettre à l'arenir leurs fralU en commun sur ■ léte, et de les préserver de leur mieux m tes coovruil de leur feuillage. Le palmier y consoitit; et dqnusoM accord, cet arire porte au haut de s» tige ses longs répmes de fruits, jusque dans b r^ion des vents , sans craindre les tempêtes : son tronc est derenu te symbole de la force, et ses pahnes celui de la vertu et de la gloire.

U palmier, c'est l'état; son tronc et ses fruils, état te peuple et ses travaux ; les ouragans sont ses ennemis; les palmes de l'état sont les nalres et les brames, quand ils sont les amis du peuple.

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