SCÈNE VI
ROBESPIERRE, SAINT-JUST, TALLIEN, pris FOUCHÉ
ET DE NOMBREUX DÉPUTÉS SE PROMENANT. TALLIEN, à Rojaspierre, areo hamilité.
J'ai pu parfois en apparence, Par colère, envers toi manquer de déférence. Pardonne-moi.
ROBESPIERRE
C'est fait.
TÀLUEN.
Ton discours-testament Restera dans l'Wstoire ainsi qu'un monument.
(Tallien s'éloigiM
KOUCHE.
Sur mes vrais sentiments peut-être tu t'abuses : Si j'ai pu t'offenser, accepte mes excuses.
ROBESPIERRE
Je n'ai pas ressenti tes offenses, Fouch<?.
(Fonché «'éloigna.
BARRÈRE
Ensemble nous avons depuis longtemps marché, Et je ne voudrais pas que la Montagne croie Que je vais aujourd'hui m'éloigner de ta voie.
ROBESPIERRE
Je te crois mon ami.
BARRÈRE
Je te le prouverai.
ROBESPIERRE
Je n'en ai pas besoin.
BARRÈRE
; Va, je te défendrai.
(D s'éloigne.)
ROBESPIERRE, A Saint-Just.
Je ne me laisse pas prendre à leurs artifices :
Ils liguent contre nous leurs implacables vices;
Par désabusement, je reçois sans frémir
Leurs baisers de Judas faits pour nous endormir ;
Saint-Just, hier ma voix a parlé pour l'histoire ;
Je leur livre mes jours ; j'ai sauvé ma mémoire.
Oui, si ma destinée a compté peu de jours,
Puissé-je après ma mort vivre dans ce discours 1
Puissent ceux que l'amour de la patrie enflamme
Dans un siècle y chercher comment vibrait mon âme !
Malgré la calomnie et l'odieux renom
Dont les amis des rois auront sali mon nom,
L'histoire impartiale, exhumant Robespierre,
Comme un tombeau caché sous la ronce et le lierre,
Tentera de me rendre à la postérité
Dans mon patriotisme et mon austérité.
Je voulais délivrer des fripons et des traîtres
Mon pays ! Je succombe. Ils demeurent les maîtres.
(Pandant cette tirade, les amis de Robespierre se sont rapprochés et l'écoutent dans un morne silence.)
Tu veux mourir I
ROBESPIERRE
Plutôt que d'outrager la loi!
SAINT-JUST
Qu'il en soit fait ainsi !