‹ uvres posthumesChapitre 53 sur 85 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

ROBESPIERRE, SAINT-JUST, TALLIEN, pris FOUCHÉ

ET DE NOMBREUX DÉPUTÉS SE PROMENANT. TALLIEN, à Rojaspierre, areo hamilité.

J'ai pu parfois en apparence, Par colère, envers toi manquer de déférence. Pardonne-moi.

ROBESPIERRE

C'est fait.

TÀLUEN.

Ton discours-testament Restera dans l'Wstoire ainsi qu'un monument.

(Tallien s'éloigiM

KOUCHE.

Sur mes vrais sentiments peut-être tu t'abuses : Si j'ai pu t'offenser, accepte mes excuses.

ROBESPIERRE

Je n'ai pas ressenti tes offenses, Fouch<?.

(Fonché «'éloigna.

BARRÈRE

Ensemble nous avons depuis longtemps marché, Et je ne voudrais pas que la Montagne croie Que je vais aujourd'hui m'éloigner de ta voie.

ROBESPIERRE

Je te crois mon ami.

BARRÈRE

Je te le prouverai.

ROBESPIERRE

Je n'en ai pas besoin.

BARRÈRE

; Va, je te défendrai.

(D s'éloigne.)

ROBESPIERRE, A Saint-Just.

Je ne me laisse pas prendre à leurs artifices :

Ils liguent contre nous leurs implacables vices;

Par désabusement, je reçois sans frémir

Leurs baisers de Judas faits pour nous endormir ;

Saint-Just, hier ma voix a parlé pour l'histoire ;

Je leur livre mes jours ; j'ai sauvé ma mémoire.

Oui, si ma destinée a compté peu de jours,

Puissé-je après ma mort vivre dans ce discours 1

Puissent ceux que l'amour de la patrie enflamme

Dans un siècle y chercher comment vibrait mon âme !

Malgré la calomnie et l'odieux renom

Dont les amis des rois auront sali mon nom,

L'histoire impartiale, exhumant Robespierre,

Comme un tombeau caché sous la ronce et le lierre,

Tentera de me rendre à la postérité

Dans mon patriotisme et mon austérité.

Je voulais délivrer des fripons et des traîtres

Mon pays ! Je succombe. Ils demeurent les maîtres.

(Pandant cette tirade, les amis de Robespierre se sont rapprochés et l'écoutent dans un morne silence.)

Tu veux mourir I

ROBESPIERRE

Plutôt que d'outrager la loi!

SAINT-JUST

Qu'il en soit fait ainsi !

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