‹ uvres posthumesChapitre 56 sur 85 · LES CONJURÉS · texte numérisé non relu

LES CONJURÉS

Périsse le tyran !

ROBESPIERRE, i Collet d'Oerboii.

Président assassin, Je t'avais demandé la parole !

collot-d'herbois.

A dessein Je te l'ai refusée.

ROBESPIERRE

Ah ! ce sera ta honte !

collot-d'herbois.

Vois! le sang de Danton à la gorge te monte.

ROBESPIERRE

Lâches ! quoi ! c'est Danton que vous voulez venger? 11 fallait le défendre et non pas l'égorger!

SAINT-JUST

Vous perdez la patrie en frappant Robespierre.

ROBESPIERRE

Au nom de quelle loi ?

SAINT-JUST

Va, leur cœur est de pierre :

Cédons, sans nous défendre, à la loi du plus fort.

TALI.IEN

Si vous aviez vaincu, vous nous donniez la mort.

SArNT-JUST.

Qui redoute la mort est indigne de vivre.

ROBESPIERRE, à Tallien.

Tu veux boire mon sang ; monstre, je te le livre.

POUCIIÉ, à Collot.

Président, les huissiers refusent d'obéir;

Mais je connais cet homme : il ne peut nous trahir.

(Il désigne Méda.) BAHRAS, accourant.

Ht nriot et Payan marchent sur lAssomb'ée ; Noire garde demeure incertaine et troublée.

COLLOT-d'hERBOIS, à Bnrras.

Dirige-la, prends-la sous ton commandemeot.

ROBESPIERRE, à Saint-Just.

Avertis Henriot de ma part, promptement, Que la Convention est pour nous l'arche sainte Et que je lui défends d'entrer dans cette enceinte.

MÉDA

Où donc est le nommé Robespierre ?

ROBESPIERRE, l'arancant.

C'est moi.

UÉDA.

Je vous arrête.

(Il lui met la main lor l'épaule.

ROBESPIERRE

Eh bien ! j'obéis à la loi.

(Robespierre et ses amis sortent.)

collot-d'herbois.

C'est l'instant pour chacun de mourir à son poste.

BARRÈRE

Comme les sénateurs romains...

(A part. Il s'esquive.)

Je prends la poste.

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