METZ
Fragment
L'Esplanade, sa musique du 2« génie, valses <le Strauss, polkas de Musard (rainé), mozaïques et fantaisies sur des opéras d'Auber et de déjà Ambroise Thomas, ou ma mémoire me trahirait singnlièrement, soli, duos, tutti ; le tour de l'estrade ; les beaux officiers en plastrons de velours noir, en belles franches et françaises épaulettes d'or, au lieu de ces torsades équivoques prises, hélas ! non, empruntées aux Prussiens, les dames en schalls de cachemire de l'Inde, en écliarpes de crêpe de Chine, en volants gorgede-pigeon, caca-dauphin, et toutes nuances oomme il faut, soie, satin, moire, et toutes ctolTes cossues, aux capotes panachées de plumes rares et dont le bavolet, grâce à de savantes inclinations, — le Tout-Metz ! — ne cachait pas autant la nuque et les frisons d'or clair ou rouge, d'ébène noir ou mordoré, qu'on eût pu
le redouter, — ô remembrances enfantines de quand, insoucieux moutard, je poussais et tapais mon cerceau novice entre les pantalons à bandes rouges, à lisérés noirs, des militaires, de nankin ou de casimir ou de coutil des citadins fumeurs de cigarilles.
L'Esplanade, « les fois » de musique ! Bon Dieu, que j'y aspirais ! Et comme je hâtais le pas, aux jours tant souhaités, tirant ma mère par la manche!...