‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 164 sur 170 · I. Maupertuis · texte numérisé non relu

I. Maupertuis

SI. Baculard d'Arnaud, auteur de la fameuse ëpître au, c. de Manon y que Palissot a critiquée d'une manière si plaisante dans sa Dunciade. [Note de l'Éditeur.)

OEnyres posthumes. III.

4o6 MÉLANGES LITTÉRAIRES.

et toujours aussi rapide qu'elle, il chantait les favoris et les ministres dès que la renommée publiait leur élévation. Ne doutons point qu'il n'ait souvent rougi de ses héros : aussi lui est-il arrivé quelquefois de se rétracter, du moins après leur mort. S'il n'eût rendu justice à la mémoire de ce cardinal de Fleuri qu'il avait tant loué de son vivant , on pourrait croire que ses louanges étaient sincères, et qu'il avait eu le malheur de se tromper. Les hommes qui n'ont pas perdu toute pudeur conviendront qu'il vaut mieux se tromper grossièrement que de mentir à soi-même.

Mais peut-être a-t-il toujours écrit ce qu'il pensait; peut-être ne s'est-il désabusé qu'à la mort de ces hommes puissans dont il s'était fait le panégyriste. On est heureux , du moins , de se désabuser si à propos; et il est assurément très-prudent de rétracter les éloges qu'on a donnés à vingt ministres, quand on ne peut phis rien espérer ni rien craindre d'eux , et quand on est certain de plaire aux nouveaux favoris, en rabaissant leurs prédécesseurs.

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