‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 33 sur 170 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

par l'Académie de Metz, qui avait proposé la ques* tion, et qui, les deux années suivantes, intéressa Tattention publique en faveur des enfans illégitimes et des Juifs, si long- temps oppritnés par des lois avilissantes et vexatoires. Tel était l'esprit des sociétés littéraires; telle était l'impulsion donnée à toute la France depuis le milieu du dernier siècle: temps mémorables, où les talens, appelés à des études importantes pour le genre humain , obtenaient, en servant la raison, des succès garantis par elle.

Jusqu'ici nous avons parlé d'ouvrages, plus ou moins dignes d'estime, et nous les avons loués avec plaisir. C'est à regret que nous allons paraître sévères; mais la justice et la vérité nous y contraignent. Un livre en trois volumes fut imprimé, il y a douze ans, sous ce titre emphatique : Théorie du poussoir politique et religieux dans la société ciifiley par M. de B., ger\tilhomme français. L'auteur promet de démontrer sa théorie par le raisonnement et par l'histoire. Pour l'histoire , il ne paraît pas l'avoir étudiée , pas même l'histoire de France, dont il parle à tort et à travers, sur la foi du père Daniel et du président Hénault, les seuls de nos historiens qu'il vante, les seuls qu'il cite, les seuls peut-être quïl ait lus. Quant au raisonnement, voici ce qu'il appelle raisonner : il pose comme un principe incontestable ce qui est le

lier des leçons aux princes, Machiavel en a donné de grandes aux peuples. Cela est possible; mais les peuples, il faut l'avouer, n'ont pas été ses meilleurs élèves. Un homme de' mérite, Guiraudet, ïtioTt préfet de la Côte-d'Or , a publié , il y a dix ans, une traduction complète des œuvres du politique de Florence : elle est fort bien écrite , et fort supérieure aux deux traductions anciennes. C'est avec plus de succès encore que M. Gallois a traduit la Science de la législation^ fruit des études dç Filangieri, surnommé par quelques personnes le Montesquieu de F Italie, Cet éloge est exagéré : Filangieri ne ressemble point à Montesquieu ; car il est verbeux, et n'est pas profond : mais il est clair; il a des idées saines, des intentions dignes du temps où il écrivait; et l'on ne saurait trop vir vement regretter ce jeune et laborieux philosopha mort avant l'âge de trente ans.

Nous devons quelques louanges à la traduction anonyme de VOceana d'Harrington. Exacte et rédigée avec soin, elle fait bien connaître l'esprit de cet illustre Anglais, qui, par un contraste singU'* lier, mais pour lui doublement honorable, fut àla-fois le plus fidèle ami du roi Charles V^ et le plus zélé partisan des opinions républicaines. Son livre, où, désignant l'Angleterre sous le nom d'une île fabuleuse, il trace pour elle un plan d'organi-

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