‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 35 sur 170 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

a universel, qu'elles garantissent et qu'elles précè- « dent d'un seul jour. C'est du milieu de l'Institut « qu'un cri doit s- élever en faveur de la philosophie , «si faiblement combattue, mais si hardiment ou<a tragée. Puisqu'on a fait, à la fin du dix-huitième «siècle, des livres dignes du quinzième, au moins « avant la découverte de l'imprimerie , il faut ap- « prendre à l'Europe quel sentiment ces livres ins- « pirent aux gens de lettres et à tous les hommes « éclairés de la France. Il faut apprendre à l'auteur « que nous sommes loin de cette restauration com- « plète dont il manifeste à chaque ligne l'impatient « désir, et qu'il est inutile de signaler plus claire- « ment. Que si d'autres écrivains voulaient coopérer «à ce grand oeuvre, il faut encore leur apprendre « qu'il est bon d'y employer plus d'habileté ; que « les chiffres romains ne sont pas des idées ; les as- « sertions, des motifs; les répétitions, des preuves « évidentes ; qu'il n'existe pas dans les lettres ita- « liques un pouvoir surnaturel qui donne aux mots « la portée qu'ils n'ont pas; au style, l'élégance qui « lui manque ; aux écrits , le talent , l'esprit , le bon « sens dont l'auteur a jugé à propos de s'abstenir; « que le ton tranchant sur les grandes choses est <c d'un écolier trop vain pour vouloir s'instruire , et «trop ignorant pour savoir douter; que Firrévé- « rence à l'égard des grands hommes appartient

OEnvres posthumes. III. 7

gS LITTÉRATURE FRANÇAISE.

« de droit aux hommes vulgaires ; que Voltaire , a J.J, Rousseau ) Montesquieu, ont bien mérité du « genre humain , qui le sait et qui les révère ; qu'e»* « fin des déclamations en style barbare, et dirigées « de si bas contre des écrivains si élevés, ne détruire ront ni leurs ouvrages, ni leur gloire, ni leur in- « fluence , ni la raison , ni la langue française. »

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