‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 51 sur 170 · CHAPITRE IV. i3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. i3i

symptômes ne pouvaient échapper qu'aux vues Êttblesi, el; que Loui$ XV- entrevoyait luî-méme, malgré les prestiges du trône ; une révolution que tout rendait inévitable :.le désordre des finances, le discrédit d'une cour sans gloire et même sans gloire militaire , les progrès de la nation , la décadence du gouvernement , et l'écroulement des préjugés que la raison renversait par Texamen. Celui qui s'était montré hardi dans la chaire de Versailles parut timide dans l'Assemblée constituante. Il en était membre durant la dernière année de sa vie ; et ce fait , récent encore , est aujourd'liui presque ignoré. Sa voix n'y fut jamais entendue , soit qu'il faille plus ^d'audace pour haranguer des égaux qui vont vous répondre qu'un roi qui vient vous écouter ; soit qu'il n'ait pas voulu soumettre à l'épreuve des opinions populaires une réputation de trente ans. Cette réputation se maintiendra. L'évéque de Senez est sage dans ses compositions, correct et simple dans son Style, trop siôfiple même en quelques endroits ; Bsais ce défout est bien préférable à la &usse éléi^ ganoe, à la finesse énigmatique des prédicateurs de son temps. Il approche quelquefois de l'élévation de Bpssuet , dont il n'a jamais l'énergie et la profondeur ; il atteint presque à la douceui* dç MâssiHon , sans connaître et distribuer comme lui toutes les richesses de l'art d'écrire ; ii tombe dans

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des redites fréqueûtés. On lui souhaiterait plus de couleur et plus -de fortne ; mais il touche , il communiique les émotions qu'il éprouve; et, depuis ces deux grands modèles , aucun orateur n'a Itnieux saisi le ton noble et persuasif qui convient à l'éloquence de la chaire.

Les sermons de M. le cardinal Maury ne sotit point imprimés, et nous, né connaissons pas d'o^ raisons funèbres^de cet orateur. Il n'a pas jugé à propos de donner encore au public son panégyrique de saint Vincent- de -Paule, discours qui jouit d'uiié haute réputation , et que l'on se souvient de lui avoir entendu prononcer plusieurs fois daiïs les églises dé Paris. Mais deux mc^ceaux d'un rare mérite , le panégyrique de saiiit Louis; et;CeIui de saint Augustin, sont publiés à la suite du livre sur l'Éloquence de la chaire. Gcs deux sujets, traités par une foule d'orateurs, l'a- Vàient été récemment par l'évêque de Senèz; ûous avons déjà remarqué qu'il réussissait peu dàhs ce genre; et pour le mouvement, la couleur^ la force , l'harmonie du style, l'écrivain dont nous parlons lui est. de beaucoup , supérieur. Dans le panégyrique de saint Louis , les croisades de ce prince sont justifiées par un noble motif: la dé* livrance des Français , des chrétiens en captivité: Ces émigrations armées causèrent de grands maux; mais elles eurent aussi quelque influence sur la

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