CHAPITRE IV. , i
que La Ghaiotais , captif, écriytt pour sa défense et contre s^ persécuteurs. Le même magistrat et Monclar, avocat-général du parlement d'Aix, dé^ ployèrent une raison courageuse, en dénonçant les. coustitututions des jésuites. L'avocat -général Servan posséda mieux encore les secrets de l'art ; et son Plaidoyer pour une femme protestante est parmi nous le plus beau modèle de l^éloquence judiciaire. Moins oratoires, les écrits de Voltaire en faveur de Calas et des Sirveu sont admirables par ce naturel toujours élégant, et cette philosophie toujours utile que Ton admire en ses ou^ vrages. L'avocat Gerbier a laissé d'imposans sou-< yénirs ^ ses Mémoires imprimés ne donneraient de lui qu'une idée incomplète. L'attitude, le màinr lien, le geste, \\u œil éloquent, ime voix sonore et flexible, tout le servait au barreau. Rieii de tout œla, sans doute, ne fait l'écrivain : c'est, le cprps qui parle au corps ^ dit Buffon; mais tout cela fait l'orateur , s'il faut en croire Cicéron, dont l'autorité semble irrécusable. A ces « parties essentielles Gerbier joignait le. don d'émouvoir; et l'on ne peut révoquer en doute sa supériorité, garantie par trente ans de succès, attestée même par ses émules, entre lesquels on doit remarquer Target et M. Treilr hard. Le premier Mémoire publié dans l'affaire du comte de Morangiez fît honneur aux talens de Linguet, qui n'eut point Cette fois la recherche £i%
le faux esprit dont il fournirait tant d'exemples. Les Mémoires de Beàimlarchais dans Taffaire Goëz*^ man ont un mérite éminènt et varié; Quelques traits de mauvais goût les déparent ; mais les traits heureux y abondent; Fintéfét, la gaité maligne, un style original et rapide, les soutiennent, et les font relire encore. En adoptant une manière plus grave., d'autres écrivains fixèrent également l'atteiition. L'éloquent Plaidoyer de Dupaty pour trois innoceiis condamnés fit reconnaître les vio^ lens abus de là procédure criminelle. M, de La^ cretelle, en d'excellens Mémoires pour le comte de Sanois, redoubla l'horreur générale contre les détentions arbitraires. Dans une cause d'adultère^ un habile écrivain, M. Bergasse, approfondit une question de morale publique, et, sortant même dés bornes ,de sa causé , osa , durant le cours du pro^ ces, dénoncer ouvertement le ministère qui gouvernait la France il y a vingt années.
On aperçoit ici, comme en tout autre gfsnre, les progrès de l'esprit du siècle. Un esclave ne peut être, éloquent : cet axiome est de Lohgin; et rien n'est mieux senti, m mieux prouvé. Quand la Grèce cessa d'être libre, ses orateurs disparurent; eHé eut des rhéteurs et des sophistes. Le plus éloquent des Romains n^érita le surnom de père de la patrie. Apris Cicéfbn ^ plus de patrie, comme aussi plus de tribune. Grâce à Tite-I^ve, a Tacite,