‹ Œuvres posthumes, revues, corrigées et augmentées (volume 2)Chapitre 70 sur 170 · CHAPITRE y · texte numérisé non relu

CHAPITRE y

admirç enfin sans apprendre, ^ons voudrions un ouvrage substantiei/sans lacune et sans développement inutile, embrassant la série des siècles, et classant avec une concision méthodique, mais exempte de sécheresse, tous les faits d'une importance réelle. Un tel livre est diffii:ile ; il exige un grand talent et une vie entière. Condillac ii'a réussi qu^incomplètement dans une >composition de ce genre. Ne «oyons pas surpris qu'Anquetil y ait complètement échoué, en écrivant à la hâte, d'une main glacée par l'âge, et d'après un mauvais modèle.

Parvenus à l'histoire moderne^ nous regardons comme un devoir d'examiner attentivement l'ouvrage élémentaire composé par Thouret sur les révolutions successives du gouvernement français. Les quatre premiers livres présentent , dans un précis rapide, les recherches de l'abbé pubos sur l'établissement des Francs dans les Qaules. Lés huit derniers offirent l'analyse des Observations de Mably sur l'Histoife de France. On voit que le fonds n'appartient pas au rédacteur; mais une telle rédaction n'en suppose pas moins un rai^e mérite. Il est impossible de choisir avec plus de sagacité, de classer avec plus de méthode , d'eicposer avec plqs de clarté les- idées principales des écrivains qu'il a suivis. La première partie est un peu conjecturale ; la seconde est fondée

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sur des^ Êiîts incontestables; et, durant les douze siècles éicoulés depuis la conquête des Gaules par Clovis ju^pi'à la fin du règne de Louis XIY , plusieurs époques dans chaque siècle fournissent des remarqués importantes. Thouret explique, en. abrégeant Mabiy, sans rien omettre d'essentiel , comment la constitution primitiTe des Français, libres même après la conquête, fut altérée bientôt par l'ascendant des leudes et des prêtres ; comment s'établirent les justices seigneuriales; comment, furent créés les bénéfices militaires, qu'à cette époque il ne faut pas confondre avec les fiefs ; comment ces mêmes bénéfices devinrent héréditaires sous Clotaire II; comment enfin la force des leudes et la faiblesse des derniers rois Mérovingiens amenèrent une dynastie nouvelle, en concourant à' former l'autorité des maires du palais. Sous les rois Carlovingiens, l'aiiteut* signale des révolutions plus remarquables encore ; Pépin , moins religieux que politique , augmentant la puissance du clergé pour garantir et consacrer la sienne, tandis que les seigneurs, dan^ leurç domaine^, instituent la vassalité, premier germe du gouvernement féodsil qui va naître au siècle suivant ; Charlemagne , dont le règne obtient à Juste titre des regards prolongés avec complaisance, rétablissant les champs de Mars et les champs de Mai, rendant le pouvoir législatif à la

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