ACTE II, SCÈNE IL 34i Du meurtre de Laïus je vous croirai coupable
TIRÉSIAS
Ah! puisqu'il est ainsi, puisqu'il faut révéler Des horreurs qu'à jamais j'aurais voulu celer, Vous-même avez porté les lois qui vous condamnent ; Sortez de ce palais que vos crimes profanent; Fuyez, roi des Thébains; terminez nos revers: C'est vous que, sur le mont redoutable aux pçrvers, A signalé du dieu la voix terrible et sainte; De ces murs désolés vous qui souillez l'enceinte; Vous, qu'au salut de tous il faut sacrifier; Vous, qui du grand Laïus êtes le meurtrier.
ŒDIPE
Moi!
LE CHOEUR
Grands Dieux !
ŒDIPE
Qu'as-tu dit, prophète sacrilège?
TIRÉSIA& ' 1
J'ai dit la vérité; sa force me protège.
ŒDIPE
A m'accuser ainsi qui t'a donc excité?
TIRBSIAS.
Vous, imprudent, vous-même; vain j'ai insisté.
ŒDIPE
Réponds; déclare enfin le nom de VhQjnicide. ■ .... .
Tiajçsijfc..s. i . IK r '.,i'r Voulez-vous ;me teatçr,, pu ,irçe rendre tymide^
34a ŒDIPE-ROI.
ŒDIPE
Mettre un terme à nos iriaux , voilà mon seul dessein.
tir^sias. ^ Je l'ai dit; de Laïus vous êtes l'assassin.
ŒDIPE
D'horreur et de courroux tout mon cœur se soulève!
1*IRÉSIAS.
Et que sera-ce encor, malheureux, si j'achève?
ŒDIPE
Qu'importent tes discours? ils ne sont qu'un vain bruit.
TIRÉSIAS
Dans le lit nuptial le crime vous poursuit.
ŒDIPE
Tremble. Il est des vengeurs de mon pouvoir suprême.
Apollon plus puissant se vengera lui-même.
ŒDIPE
Ah! Creon veut régner, et voilà mon forfait.
TIRÉSIAS
Créon ne vous nuit point; vous seul avez tout fait.
ŒDIPE
Gloire, empire, trésors, science de la vie, Sans dônnér le bonheur, vous irritez l'envie! r Ai-je envahi l'Etat? m'a-t-on vu sans pudeur Par la ruse ou la force assurer ma grandeur? Thèbes m'a fait son roi ; ma puissance vient d'elle ; Et Créon, cet' ami que j'ai cru si fidèle,